Ordre du Temple

Ombres et Lumières Templières...

19 juillet 2007

Il y a deux histoires...

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- « Messieurs, il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète où sont les véritables causes des événements… »

Honoré de Balzac, auteur de cette phrase, aurait pu la prononcer avec forte pertinence à propos de l'Ordre du Temple...

De l'histoire des Chevaliers aux Blancs Manteaux en effet, la mémoire collective a retenu principalement :

- Une véritable rafle policière menée dans l'ensemble du royaume de France en 1307.

- Un bûcher dressé à Paris un soir de Mars 1314.

- Une étrange malédiction proférée contre un Roi cupide, Philippe le Bel, et un Pape veule, Clément V.

- Un fabuleux et mystérieux trésor, objet de toutes les convoitises, mais demeuré introuvable...

A leurs corps défendants, les Templiers ont nourri et continuent de nourrir, depuis 7 siècles les fantasmes les plus divers.

L'auteur de ce blog, n'a pas la prétention de lever enfin le voile sur les mystères Templiers, il souhaite humblement faire partager sa passion pour l'aspect exotérique et ésotérique de l'Ordre de Chevalerie le plus puissant et le plus mystérieux que l'Orient et l'Occident aient jamais engendrés :

L'Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon ( Pauperes Commilitones Christi Templique Salominici ) plus connu sous le nom de... l'Ordre des Templiers !

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21 juillet 2007

Question

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Question :

Pourquoi nos historiens ont-ils sciemment accrédité et vulgarisé une histoire qu’ils savaient fausse ?

Cette légende de 9 Chevaliers, conduits par Hugues de Payns, se rendant en 1119, à Jérusalem se présenter au Roi de Jérusalem, pour soi-disant garder et sécuriser les routes des pèlerinages en Terre Sainte… ne résiste pas à une étude approfondie  ! 

Comment 9 Chevaliers, fussent-ils braves autant qu’audacieux, pouvaient-ils assurer à eux seuls la sécurité des chemins d’une si large étendue ? C’était au mieux très optimiste et au pire suicidaire… (D’autant que l’Ordre des Hospitaliers de St - Jean de Jérusalem, créé quelques années plus tôt, y parvenait pas trop mal sans eux...)

- Pourquoi en outre, créer spécifiquement dans ce seul but, un Ordre révolutionnaire dans son concept, au lieu de simplement prêter main-forte aux Hospitaliers de Saint-Jean ?

- D’ailleurs, si l’Ordre du Temple fut réellement créé dans ce seul but, pourquoi en consultants les récits de l’époque, tant occidentaux, qu’orientaux, ne trouve t-on aucune trace, ni aucune mention de leur participation à des conflits, des batailles ou autres faits d’armes pendant plus de 5 ans !

On constate avec étonnement que Foucher de Chartres, le chapelain de Baudouin II, n’a fait aucune mention de ces Chevaliers dans ses vastes chroniques qui couvrent les neufs premières années de l’existence de l’Ordre… La plus ancienne preuve connue de l’existence des templiers date de 1121, lorsqu’un certain Comte FoulquesV d’Anjou logea avec des templiers et leur laissa ensuite une annuité de trente livres angevines

- Pourquoi n’avoir en outre recruté aucun autre Chevalier durant cette longue période… ?

- En dehors d’assurer la garde du défilé d’Athlit : Qu’avaient fait les 9 Templiers durant ces 9 années… ?

C’est seulement lors du Concile de Troyes (14Janvier1128) que l’Ordre est officiellement créé !

Pourquoi après une rencontre avec le Grand Maître des Templiers, le Pape leur a-t-il soudain accordé en 1139 (Bulle : Omne datum optimum) des privilèges exorbitants leur permettant en peu de temps de constituer un véritable empire et n’ayant petit à petit de compte à rendre à personne !

Cela semble bien mystérieux au profane…

Tout comme semblera pour le moins étonnant, entre autre…l’étoile qu’ils appelaient La’Mérica… l’implantation géographique des cathédrales gothiques, ou leur vénération de la Vierge Marie, mais là, nous entrons dans l’ésotérisme du Temple…

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25 juillet 2007

Bernard de Clairvaux

Les Fondateurs :

Si 9 chevaliers se présentèrent bien devant le roi de Jérusalem en 1119, l’Ordre des Templiers puise son origine bien avant cette rencontre en Terre Sainte…

Il doit sa création à trois personnalités hors du commun :

- Bernard de Clairvaux (futur Saint Bernard)

- Hugues de Payns

- Le Comte de Champagne

I.  Bernard de Clairvaux :

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Voilà sans doute un des hommes les plus extraordinaire de cette époque, et peut-être même Le véritable créateur de l’Ordre des Templiers…

Né en 1090 dans une grande famille noble de Bourgogne, Bernard est le troisième des sept enfants de Tescelin de Fontaine (dit le Roux) et d’Aleth de Montbard.

À l’âge de neuf ans, on l’envoie à l’école canoniale de Châtillon-sur-Seine* 1, où il montre un goût particulier pour la littérature. En 1112, il entre à l’Abbaye de Cîteaux, fondée en 1098 par Robert de Molesme, et dont Étienne Harding vient juste d’être élu abbé.

En 1115, Étienne Harding envoie le jeune homme à la tête d’un groupe de 12 moines pour fonder (sur un territoire offert par le Comte de Champagne au retour de Terre Sainte de son vassal Hugues de Payns …) une nouvelle maison cistercienne dans la vallée de Langres. La fondation est appelée « claire vallée », qui devient ensuite « Clairvaux ».

Bernard est élu abbé de cette nouvelle abbaye, et confirmé par Guillaume de Champeaux, évêque de Chalons et célèbre théologien.

Les débuts de Clairvaux sont difficiles : la discipline imposée par Bernard est très sévère. Bernard poursuit ses études sur l’Écriture Sainte et sur les Pères de l’Église.

Il a une prédilection presque exclusive pour Saint Augustin et pour le Cantique des Cantiques : En effet il prononcera pas moins de 86 sermons sur ce Cantique, considéré comme l’œuvre maîtresse attribuée - selon la Bible - à Salomon* 2

Dès sa prise de fonction le jeune Bernard (il n’a alors que 25 ans) va prendre en main toute la politique de l’Occident. Et avec quelle autorité !

Celui que l’on surnommera plus tard l’âme des croisades, tancera en effet vertement rois, papes, évêques et grands vassaux, grands abbés, de Cluny à Saint-Denis et tous plieront, bon gré mal gré, devant ce petit moine au poil roux, dévoré de divine ardeur et de phtisie, qui dominera de son haut esprit la chrétienté toute entière. 

Pour le moment, les gens finissent par affluer dans la nouvelle abbaye, et Bernard convertit même toute sa famille : son père, Tescelin, et ses cinq frères entrent à Clairvaux en tant que moines. Sa sœur, Ombeline, prend également l’habit au prieuré de Jully – les - Nonnains. Dès 1118, de nouvelles maisons doivent être fondées pour éviter l’engorgement de Clairvaux (ex: Abbaye Notre-Dame de Fontenay). En 1119, Bernard fait partie du chapitre général des cisterciens convoqué par Étienne Harding, qui donne sa forme définitive à l’ordre. La « Charte de Charité » qui y est rédigée est confirmée peu après par Calixte II.

C’est à cette époque que Bernard rédige ses premières œuvres, des traités et homélies, et surtout une Apologie, (Ecrite sur la demande de Guillaume de Saint - Thierry), qui défend les bénédictins blancs (cisterciens) contre les bénédictins noirs (clunisiens). Pierre le Vénérable, abbé de Cluny, lui répond amicalement, et malgré leurs différends idéologiques, les deux hommes se lient d'amitié. Il envoie également de nombreuses lettres pour inciter à la réforme le reste du clergé, en particulier les évêques. Sa lettre à l’archevêque de Sens, Henri de Boisrogues, surnommée par la suite De Officiis Episcoporum (Sur la conduite des évêques) est révélatrice du rôle important joué par les moines au XIIe siècle, et des tensions entre clergé régulier et séculier.

En 1128, Bernard participe au concile de Troyes, convoqué par Honorius II et présidé par Matthieu d’Albano, légat du Pape. Bernard est nommé secrétaire du concile, mais en même temps il est contesté par une partie du clergé, qui pense que Bernard, simple moine, se mêle de choses qui ne le regardent pas.

«  Les affaires de Dieu sont les miennes, dit-il et rien de ce qui le regarde ne m’est étranger ! »

C’est lors de ce concile que Bernard fait reconnaître la milice du Temple dont il rédige lui-même les statuts et leur donne la règle et le costume. En 1610, on a retrouvé 1'acte aux archives de la bibliothèque de Paris, ainsi qu’à Rome et à Dijon. Leur charte définitive leur sera donnée en date de 1163 ainsi que la constitution de 1'ordre.

Devenu une personnalité importante et écoutée dans la chrétienté, il intervient dans les affaires publiques, il défend les droits de l’Église contre les princes temporels, et conseille les papes. En 1130, après la mort d'Honorius II, lors du schisme d’Anaclet II, c’est sa voix qui fait accepter Innocent II.

En 1132, il fait accepter par le pape l’indépendance de Clairvaux vis-à-vis de Cluny.

Dans cette période de développement des écoles urbaines, où les nouveaux problèmes théologiques sont discutés sous forme de questions (quaestio) et d’argumentations et de recherche de conclusion (disputatio), Saint Bernard est partisan d’une ligne traditionaliste. Il combat les positions d’Abélard, approximatives d'un point de vue théologique, et le fera même condamner au concile de Sens en 1140.

En 1145, Clairvaux donne un pape à l’Eglise, Eugène III. Lorsque le royaume de Jérusalem est menacé, Eugène III, lui-même cistercien, demande à Bernard de prêcher la deuxième croisade à Vézelay le 31 mars 1146 puis à Spire.

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Saint Bernard prêchant la deuxième croisade à Vézelay

Il le fera avec un tel succès que le roi Louis VII le Jeune et l’Empereur Conrad III prennent eux-mêmes la croix !

Plein de zèle pour l’orthodoxie, il combattit aussi les thèses de Pierre de Bruys, d’Arnaud de Brescia, et condamna les excès de Raoul, un ancien moine de Clairvaux, qui demandait le massacre des Juifs. En cette même année 1148 il prêche la croisade en Hainaut et séjourne à Mons, la capitale des comtes de Hainaut.

Saint-Bernard fondera jusqu’à 72 monastères, répandus dans toutes les parties de l’Europe : 35 en France, 14 en Espagne, 10 en Angleterre et en Irlande, 6 en Flandre, 4 en Italie, 4 au Danemark, 2 en Suède, 1 en Hongrie.

En 1151, deux ans avant sa mort, il y a 500 abbayes cisterciennes. Clairvaux compte 700 moines.

Bernard meurt en 1153, à 63 ans.

Canonisé le 18 juin 1174 par Alexandre III, Bernard de Clairvaux a été déclaré docteur de l’Eglise par Pie VIII en 1830. On le fête le 20 août.

* 1 Nous y reviendrons plus tard pour expliquer l’importance de Notre Dame dans l’Ordre du Temple… non sans évoquer au passage la tradition celtique et les…Druides.

* 2 Dans sa 17ème épître à Bernard de Clairvaux, Pierre le Vénérable (abbé de Cluny) écrit qu’il lui a fait l’envoi d’une nouvelle traduction du Coran, de l’arabe en latin, exécutée par Pierre de Tolède.

L’appellation, « Les Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon » est d’une rare précision et ses termes furent donc choisis avec un soin méticuleux…

Car Salomon est pour les trois religions monothéistes un grand et illustre personnage, roi - prophète et mage, alliant ainsi le temporel au spirituel.

Or c’était le destin même de Bernard de Clairvaux que d’associer l’épée temporelle et l’épée spirituelle !

N’écrivait-il pas au pape Eugène (lettre56) : « Il faut sortir les deux glaives… ! »

Du reste, pourquoi les autres Ordres - antérieurs ou postérieurs – se sont-ils appelés : Ordre de Saint - Jean de Jérusalem, du Saint - Sépulcre, de Saint - Lazare, de Sainte - Marie des Teutons…et pourquoi seul celui des Templiers s’est-il appelé : « et du Temple de Salomon » ? Simplement parce qu’ils y furent logés nous disent les historiens… !

à suivre...

crucita

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31 juillet 2007

Hugues de Payns

Pour mener son extraordinaire projet à bien, Bernard de Clairvaux avait besoin d’hommes exceptionnels, s’il fut le concepteur divinement inspiré, Hugues de Payns fut son admirable chef de mission et sa cheville ouvrière.

II. Hugues de Payns

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Il n’existe pas de représentation d’époque d’Hugues de Payns, celle-ci date de 1841

Hugues de Payns est né en Champagne vers 1070 sur la terre de Payens, à environ 10 km de Troyes.

On peut penser qu’à l’image des autres jeunes nobles de son temps, il devint majeur vers l’âge de quatorze ans, puis écuyer d’un chevalier de son entourage, (peut être même du comte de Champagne), et enfin chevalier lui-même vers 1085. (Car on le retrouve mentionné dans une chartre de cette époque comme Seigneur de Montigny).

Il reçut son fief de Payns, soit en héritage de son père, selon l’usage qui commençait à se répandre en ce Xe siècle, soit directement du comte de Champagne.

Il est de fait extrêmement lié à la maison des comtes de Champagne, vassal de ce dernier, il est de plus un seigneur important de sa cour car il appose sa signature en tant que témoin sur des chartes de donations effectuées par Hugues de Troyes, comte de Champagne.

Sur un des actes daté du 21 octobre 1100 il signe Hugo de Paenz, sur l’autre Hugo de Paenciis.

Il est aussi extrêmement lié à Bernard de Clairvaux qui l’appelait : « mon bien-aimé Hugo ».

Il n’est pas certain qu’il ait participé à la première croisade, déclenchée en 1095 par le pape Urbain II et qui s’achèvera par la prise de Jérusalem par les croisés en 1099.

En revanche, en 1104, il accompagne son suzerain Hugues de Champagne lors de son pèlerinage à Jérusalem en Terre Sainte. Il rentre en France l’année suivante, non sans avoir auparavant rencontré en compagnie d’Etienne Harding (l’abbé de l’abbaye de Cîteaux…), le rabbin et kabbaliste Salomon Rachi…!

De retour chez lui, Hugues de Payns épouse une jeune fille noble du sud de la Champagne, Elisabeth de Chappes. Ils auront trois enfants nés entre 1108 et 1114, prénommés Gibin, Isabelle et Thibaud (qui deviendra abbé de l’abbaye cistercienne de Sainte Colombe de Sens…).

En 1113, Hugues de Payns signe une charte de donation du comte de Champagne. Le document porte l’inscription suivante : « Hugo, dominus (seigneur) de Peanz ».

En 1114, il repart en Terre Sainte avec 8 autres compagnons et surtout avec l’appui du Comte de Champagne, mais cette fois-ci s’y installe définitivement. Il doit alors se séparer de sa femme qui entre au couvent et y restera jusqu’à la mort de son mari. Le groupe rejoint les chevaliers qui oeuvraient à la protection du tombeau du Christ, haut lieu de pèlerinage, à Jérusalem. Ce groupe vivait alors sous la protection et l’autorité des chanoines du Saint-Sépulcre.

C’est en 1119, après avoir prononcé leurs vœux monastiques devant le Patriarche de Jérusalem qu’ils prendront le nom de Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon.

Hugues de Payns est un homme qui inspire le respect, très proche et très lié à Bernard de Clairvaux, et au comte de Champagne, il dut être un fin négociateur et un excellent diplomate.

C’est lui que Baudoin II, roi de Jérusalem, charge d’une ambassade auprès du pape Honorius II.

C’est lui qui est chargé de négocier le mariage de Mélisende, fille de Baudoin II avec Foulques d’Anjou. (Lequel succédera à son beau-père en tant que roi de Jérusalem en 1131… )

C’est lui encore qui incite Baudoin à s’entendre avec l’Ismaélien Aboull-Fewa, les deux suzerains échangeant Tyr contre Damas. De ces négociations discrètes naîtront des relations qui dureront 80 ans entre les Templiers et les chefs de la sectes des Ismaéliens (à laquelle appartient le « vieux de la montagne » et ses célèbres haschischins)

C’est lui encore qu’Honorius II envoie au concile de Troyes, en 1128.

Hugues de Payns dirigea l’ordre du Temple pendant plus de vingt ans, jusqu’à sa mort en  Palestine le 24 Mai 1136. Il était alors âgé de 66 ans.

Ses funérailles sont l’occasion d’une grande parade templière à Jérusalem.

Sa mystérieuse mission était accomplie…!

A suivre...

crucita

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03 août 2007

Hugues de Troyes, comte de Champagne

III. Hugues de Champagne

Le troisième homme, celui sans qui rien n'eut été possible...

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Don de la Claire vallée par le comte de Champagne

Il est le troisième fils du comte Thibaud 1er de Troyes et de Adelaïde de Valois. En Janvier 1093, il devient Comte de Troyes, de Vitry et de Bar-sur-Aube. En 1102, il devient le premier comte de Champagne. Il eut pour épouse :
1094 : Constance de France, fille du Roi de France Philippe 1er. Mariage annulé en 1105 faute d'enfants.
1110 : Isabelle de Bourgogne, fille du comte Etienne 1er de Bourgogne dit "Tête Hardie". En 1123, Isabelle lui donne tardivement un fils prénommé Eudes de Champlitte qu'il refuse de reconnaître.

N'ayant pas participé à la 1ère croisade, le comte effectue en 1104 un pélerinage en Terre Sainte avec son fidèle vassal Hugues de Payns et vraisemblablement Etienne Harding abbé de Citeaux comme le montre certains historiens, et rentre en 1107.

A son retour, il entretient avec Etienne Harding des rapports privilégiés... Et il apparaît qu'à ce moment, et bien que son Ordre fut plutôt contemplatif que savant, Etienne mit tout son monastère à l'étude minutieuse des textes sacrés hébraïques (ce dont s'étonne fort l'abbé Vacandard dans son livre sur Saint Bernard). Il se fait même aider par les savants rabbins de Haute Bourgogne...!

En août 1114, il repart en Terre Sainte pour un court séjour, accompagné de Hugues de Payns. Revenu en 1116, il reprend contact avec Etienne Harding pour offrir à l'Ordre de Citeaux, dans la forêt de Bar sur Aube, un territoire connu sous le nom de vallée de l'absinthe, avec pour mission d'y fonder une abbaye...
Pour diriger cette fondation, Etienne Harding désigna un jeune abbé,
Bernard de Fontaine, qui accompagné de 12 moines soigneusement choisis (l'un d'eux avait même été mandé par la Chaise Dieu, bien qu'il ne fut pas cistercien...) créa, au lieu dit, l'abbaye de Clairvaux !
Le comte va dès lors favoriser autant que faire se peut, l'expansion de l'abbaye de Clairvaux fondée en grande partie grâce à ses fonds.

Et Dieu sait, s'ils sont importants ses fonds !
Hugues de Champagne est en effet un Grand de France, sa fortune est généralement estimée 4 à 5 fois supérieure à celle du Roi, il est de plus à la tête d'une des provinces les plus importante de France :
Le comté de Champagne, fief parmi les plus puissants du royaume de France, fut en effet au coeur des principaux échanges politiques, économiques, religieux et culturels des XIIe et XIIIe siècles. En cela, l'histoire de la Champagne se confond souvent avec celle de l'Occident et de l'Orient.
Voie privilégiée de circulation, carrefour entre les pays de la Méditerranée et ceux de la Mer du Nord, la Champagne accueille toute l'année à Troyes, Provins, Lagny et Bar sur Aube le plus grand marché commercial et financier de l'Occident médiéval.

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Armoiries des comtes de Champagne XIIe siècle

En 1125, Hugues de Champagne va faire quelque chose d'extraordinaire pour l'époque :
Il abandonne tout ! Absolument tout, et ce, pour se mettre au service de son propre vassal ! (ce qui est sans doute unique dans les annales du Moyen - Âge)
En effet, après avoir abdiqué, renié femme et enfant, transmit son héritage à son neveu Thibaud IV de Blois, il rejoint l'Ordre du Temple en Terre Sainte pour devenir à son tour un Templier...

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06 août 2007

La Règle de l'Ordre du Temple

La Règle de l'Ordre du Temple

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I. Considérations Générales

La règle de l'ordre du Temple s'inspire de la règle de saint Benoît en empruntant quelques éléments à la règle de saint Augustin. Elle est toutefois adaptée au genre de vie active que menaient les frères templiers qui étaient des militaires. Par ailleurs, la règle et les statuts étaient adaptés à la bipolarité de l'ordre de même que certains articles concernaient aussi bien la vie en Occident que la vie en Orient.
Datée de 1128, la règle primitive (ou latine car écrite en latin) est annexée au procès-verbal du concile de Troyes. Elle est introduite par un prologue constitué de 24 articles. Elle comprend un total de 72 articles et 4 commandements.
Vers 1138, sous la maîtrise du deuxième maître de l'ordre du Temple, Robert de Craon (1136-1149), la règle primitive est traduite en français. A cette occasion, certains articles sont supprimés, d'autres modifiés, et le plan général est remanié de façon à regrouper les articles portant sur le même sujet. Ainsi, tous les articles concernant la réception dans l'ordre sont rassemblés au début du manuscrit. La période de noviciat d'un an devient une mise à l'épreuve et l'interdiction de côtoyer les excommuniés dans la règle latine est assouplie grâce à un subtil changement de sens au moment de la traduction. Ceci permettait un plus large recrutement, y compris parmi les chevaliers pécheurs (mais repentants). Dans ce cas, les excommuniés devaient être absous par l'évêque concerné… De plus, la règle française indique pour la première fois que l'ordre dispose de ses propres prêtres qui sont placés sous l'autorité du maître et par conséquent du pape (et non de l'évêque du lieu, ce qui ne manquera pas de provoquer des conflits). La Règle française s'ouvre sur un discours emphatique qui s'adresse directement aux frères : " Vous, qui renoncez à vos propres volontés pour être les serviteurs du souverain roi, par les chevaux et par les armes, pour le salut de vos âmes, (...)"

Les retraits
Les retraits ou retrais sont des articles statutaires qui ont été ajoutés à la version française de la règle. Ils sont écrits en français. Ils apportent un éclaircissement sur :
- la hiérarchie de l'ordre (articles 77 à 197)
- l'organisation conventuelle de l'ordre (articles 279 à 415)
- la justice au sein de l'ordre : les pénalités (articles 224 à 278)
- les pénitences (articles 416 à 543),
- les détails et exemples de pénalités (articles 544 à 656)

Deux rituels :
- le mode d'élection du maître de l'ordre (articles 198 à 222)
- les étapes de la réception dans l'ordre (articles 657 à 686)
Selon les historiens, il faut compter quatre à cinq rédactions différentes des retraits datés d'avant 1187 pour la hiérarchie et entre 1200 et 1257 pour la justice. Aussi, il est probable qu'ils aient été rédigés à l'époque du maître Bertrand de Blanquefort.

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07 août 2007

La Règle primitive

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Règle primitive

Prologue

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1. Nous parlons tout d'abord à tous ceux qui méprisent secrètement leur propre volonté et qui désirent servir avec courage la chevalerie du souverain roi et à ceux qui veulent accomplir et qui accomplissent, avec assiduité, la très noble vertu d'obéissance. Nous vous avertissons, vous, qui avez mené jusqu'ici la chevalerie séculière, en laquelle Jésus-Christ ne fut pas mis en témoignage, mais que vous avez embrassée par faveur humaine, que vous serez parmi ceux que Dieu a élus de la masse de perdition et qu'il a choisis, par son agréable pitié, pour défendre la Sainte Eglise afin que vous vous hâtiez de vous ajouter à eux perpétuellement.

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2. Avant toute chose, que ceux qui sont chevaliers du Christ choisissent une sainte conversion dans leur profession, à laquelle il convient d'ajouter une grande diligence et une persévérance ferme, digne, saine et spirituelle, car il est reconnu que si elle est gardée avec pureté et durée, ils peuvent mériter d'avoir une place parmi les martyrs qui donnèrent leur âme pour Jésus-Christ. Dans cette religion, l'ordre de la chevalerie refleurit et ressuscite. Cet ordre méprisait naguère l'amour de la justice, ce qui cependant appartenait à son action, et ne faisait pas ce qui lui incombait, qui est de défendre les pauvres, les veuves, les orphelins et les églises. Au contraire, il s'efforçait de harceler, de dépouiller et de tuer. Le seigneur Dieu nous adoptera, ainsi que notre sauveur Jésus-Christ qui a envoyé ses amis dans les marches de France et de Bourgogne depuis la Sainte cité de Jérusalem qui ne cessent d'offrir leurs âmes à Dieu pour notre salut et pour que se répande la vraie Foi, ce qui est un plaisant sacrifice.

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3. C'est ainsi qu'en toute joie et toute fraternité, nous nous assemblâmes à Troyes, grâce aux prières de Maître Hugues de Payns par qui ladite chevalerie commençât, avec la grâce du Saint Esprit, pour la fête de Monseigneur Saint Hilaire, en l'an l'incarnation de Jésus-Christ mil cent vingt-huit, la neuvième année depuis le commencement de ladite chevalerie. Ensemble, nous entendîmes, de la bouche même de frère Hugues de Payns, comment fut établi cet ordre de chevalerie et, selon notre jugement, nous louâmes ce qui nous sembla profitable ; tout ce qui nous sembla superflu, nous le supprimâmes.

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4. Et tout ce qui, dans cette réunion, ne put être dit ou raconté, ou oublié, nous le laissâmes, avec sagesse, à la discrétion de notre honorable père, sire Honorius et du noble patriarche de Jerusalem, Etienne de la Ferté qui connaissait le mieux les besoins de la terre d'Orient et des pauvres chevaliers du Christ. Tout cela, ensemble, nous l'avons approuvé. Maintenant, et parce qu'un grand nombre de pères s'assemblèrent dans ce concile et approuvèrent ce que nous avons dit, nous ne devons pas passer sous silence les véritables sentences qu'ils dirent et jugèrent.

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5. Donc, moi, Jean Michel, par la grâce de Dieu, je méritai d'être l'humble écrivain de la présente règle, comme me le demanda le concile et le vénérable père Bernard, abbé de Clairvaux, qu'on avait chargé de ce divin travail.

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Les noms des pères qui étaient au Concile

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6. Premièrement, c'était Matthieu, évêque d'Albano, par la grâce de Dieu légat de la Sainte Eglise de Rome ; Renaud, archevêque de Reims ; Henri, archevêque de Sens ainsi que leurs suffrageants ; Josselin, évêque de Soissons ; l'évêque de Paris ; l'évêque de Troyes ; l'évêque d'Orléans ; l'évêque d'Auxerre ; l'évêque de Meaux ; l'évêque de Châlons ; l'évêque de Laon ; l'évêque de Beauvais ; l'abbé de Vézelay qui fut, par la suite, élu archevêque de Lyon et légat de l'Eglise de Rome ; l'abbé de Cîteaux ; l'abbé de Pontigny ; l'abbé de Trois-Fontaine ; l'abbé de Saint-Denis de Reims ; l'abbé de Saint-Etienne de Dijon ; l'abbé de Molesmes et Bernard, abbé de Clairvaux, déjà nommé, etc . Ils louèrent tous cette sentence avec franchise. Il y avait aussi maître Aubri de Reims, maître Fouchier et plusieurs autres, ce qui serait long à raconter. Il y en avait d'autres, pas plus lettrés, pour lesquels nous pouvons dire que la chose la plus profitable que nous puissions garantir est qu'ils aiment la vérité : c'est à savoir le comte Thibaud, le comte de Nevers et André Baudement. En leur qualité, ils étaient au concile et, avec un souci particulier, ils examinèrent ce qui leur semblait bien et délaissèrent ce qui leur semblait sans raison.

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7. Il y avait aussi frère Hugues de Payens, maître de la chevalerie, qui avait amené avec lui quelques frères : frère Rotland, frère Godefroy, frère Geoffroy Bissot, Frère Payen de Montdidier, frère Archambaud de Saint-Amand. Maître Hugues, avec ses disciples, fit savoir aux pères, après s'en être souvenu, comment prit naissance l'observance d'après ce qui est dit : Ego principium qui est loquor vobis ; c'est-à-dire : "Depuis le commencement je suis la parole".

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8. Il plut au concile que les avis qui furent donnés et examinés avec diligence, suivant l'étude de la Sainte Ecriture, fussent mis par écrit afin qu'on ne les oublie pas, cela avec la prévoyance de monseigneur Honorius, pape de la Sainte Eglise de Rome, du patriarche de Jérusalem et du consentement de l'assemblée et par l'approbation des pauvres chevaliers du Christ du Temple qui se trouve à Jérusalem.

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La règle de la pauvre chevalerie du Temple

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De la manière d'entendre l'office divin

9. Vous, qui renoncez à vos propres volontés pour être les serviteurs du souverain roi, par les chevaux et par les armes, pour le salut de vos âmes et cela à jamais, vous devez toujours, avec un pur désir, entendre les matines et l'office divin en entier, selon les observances canoniales et les us des maîtres réguliers de la Sainte Cité de Jérusalem. Pour cela, vénérables frères, Dieu est avec vous, car vous avez promis de mépriser le monde perpétuellement pour l'amour de Dieu et aussi les tourments de votre corps : repus de la chair divine, pleins de commandements de notre Seigneur, nous vous disons qu'après l'office divin, personne ne doit craindre d'aller à la bataille. Soyez prêts à vaincre pour la divine couronne.

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10. Mais si, pour les besoins de la maison et pour ceux de la chrétienté d'Orient, chose qui adviendra souvent, un frère est envoyé hors de la maison et qu'il ne puisse entendre le service de Dieu, il doit dire pour matines treize patenôtres ; pour chacune des heures, sept, et pour les vêpres, neuf. Mais nous préférons qu'ils disent l'office ensemble. Pour ceux à qui il est commandé d'aller pour ces besoins et qui ne pourront entendre les heures établies pour le service de Dieu, il est précisé qu'ils n'en sont pas dispensés pour autant et qu'ils doivent rendre la dette à Dieu.

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Des frères morts

11. Lorsqu'un frère passe de vie à trépas, chose que personne ne peut éviter, nous demandons de chanter la messe pour le repos de son âme et l'office doit être fait par les prêtres qui servent le souverain prêtre, car c'est à vous qu'il appartient d'exercer la charité. Là ou se trouve le corps, tous les frères qui sont présents doivent dire cent patenôtres durant les sept jours qui suivent. Et tous les frères qui sont du commandement de cette maison doivent dire les cent patenôtres, comme il est dit ci-dessus, pour implorer la pitié de Dieu. Nous prions aussi et commandons par notre autorité pastorale, qu'un pauvre soit nourri de viande et de vin jusqu'au quarantième jour en souvenir du frère mort, comme s'il était encore vivant. Toutes les autres offrandes, lesquelles sont faites sans discrétion pour la mort d'un frère, en la solennité de Pâques et aux autres fêtes, et que les pauvres chevaliers du Temple ont coutume de faire de leur propre volonté, nous les défendons expressément.

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12. Mais, de jour comme de nuit, avec le grand courage qui est donné par la profession, que chacun puisse se comparer avec le plus sage des prophètes qui dit : Calicem salutaris accipiam, c'est-à-dire : "Je prendrai le calice du salut" ; qui est encore : "Je vengerai la mort de Jésus-Christ par ma mort". Car ainsi que Jésus-Christ sacrifia son corps pour mon salut, je suis prêt de la même manière à mettre mon âme au service de mes frères. Cela est une offrande convenable ; là est le véritable sacrifice bien plaisant à Dieu.

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Des frères qui sont debout au moutier

13. Il nous a été dit, et nous l'avons entendu par de véritables garanties, que sans aucune mesure et sans tempérance, vous entendiez debout l'office divin. Cette manière, nous ne la commandons pas mais nous la délouons. Mais nous commandons, tant aux forts qu'aux faibles, afin d'éloigner le scandale, de chanter assis le psaume qui se nomme Venite, avec tout l'invitatoire et l'hymne. Que les frères disent leurs oraisons en silence, simplement, sans crier ; celui qui parle haut détourne les autres frères de leurs prières.

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14. A la fin des psaumes, quand on chante le Gloria Patri en l'honneur de la Sainte-Trinité, levez-vous et courbez-vous ; les faibles et les malades inclineront seulement la tête. Nous commandons de faire toujours de cette manière et lorsque l'évangile se lira et que le Te Deum laudanus se chantera, et jusqu'à ce que les laudes commencent et que les matines soient terminées, les frères resteront debout. De la même manière, nous commandons d'être debout aux matines et à toutes les heures de Notre-Dame.

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Comment ils doivent manger

15. Au palais, qui serait mieux de nommer réfectoire, les frères doivent manger ensemble. Mais contre l'exemple d'autres gens qui n'en ont pas coutume, il convient que vous n'ayez aucune rancune, chose qui est nécessaire pour vous tous et en privé, cela en toute humilité et révérence, car l'apôtre dit : Manduca panem tuum cum silentio, c'est à dire, "Mange ton pain en silence". Et le psalmiste ajoute : Posui ori meo custodiam, c'est à dire : "Je mets une garde à ma bouche", ce qui veut dire : "Je pense ne pas faillir avec ma langue", ce qui veut dire encore : "Je garde ma bouche afin de ne pas mal parler".

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De la lecture

16. En tout temps, pour le dîner et le souper du couvent, qu'il soit lu la sainte leçon, si cela peut-être. Si nous aimons Dieu et toutes ses saintes paroles et ses saints commandements, nous devons la désirer et l'écouter attentivement. Le lecteur qui lit la leçon vous enseigne à garder le silence dès qu'il commence à lire.

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De la viande

17. Trois fois par semaine, il suffit que vous mangiez de la viande. Il en est de même à la fête de la Nativité de Notre Seigneur, à la fête de la Toussaint, aux fêtes de Notre-Dame ou à celles des douze apôtres. Car si vous avez coutume de manger de la viande, vous aurez une mauvaise corruption de votre corps. Mais s'il advient que le mardi soit un jour de jeûne, jour pendant lequel on ne doit pas manger de viande, il en sera donné le lendemain. Le dimanche, il sera donné deux plats de viande à tous les frères du Temple, aux chapelains et aux clercs, cela en l'honneur de la Sainte Résurrection de Jésus-Christ. Les autres habitants de la maison, à savoir les écuyers et les sergents, se contenteront d'un plat, et que, pour cela, ils rendent grâce à Dieu.

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Des écuelles et des verres

18. En ce qui concerne la disposition des écuelles, que les frères mangent deux à deux afin que l'un se pourvoie de l'autre, qu'ils apprécient la vie dans l'abstinence et dans le fait de manger en commun. Il nous semble juste chose que chacun des frères ait une mesure égale de ration de vin dans son verre

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Des mets les jours de semaine

19. Les autres jours de la semaine : c'est à savoir : le lundi, le mercredi et même le samedi, les frères auront deux plats ou trois, de légumes ou de soupe et nous entendons que ce soit suffisant et nous commandons que cela soit tenu, cela pour que si un frère ne mange d'un plat, il mange de l'autre.

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Des mets du vendredi

20. Le vendredi, qu'il soit donné à toute la congrégation de la viande de carême, en révérence de la passion de Jésus-Christ. Nous demandons de jeûner de la fête de la Toussaint jusqu'à Pâques, sauf lorsque ce sera la fête de Noël, la fête de Notre-Dame ou la fête d'un des douze apôtres. Mais les frères faibles et malades ne sont pas tenus au jeûne. De Pâques à la Toussaint, ils peuvent manger deux fois par jour, à moins qu'il n'y ait un jeûne général.

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Des grâces à rendre

21. En tout temps, après le dîner et après le souper, tous les frères doivent rendre grâces à Dieu. Si l'église est proche du palais où ils mangent, et si elle n'est pas proche, qu'ils rendent grâces à notre Seigneur Jésus-Christ, avec humilité, car il est le souverain procureur. Les restes du pain brisé seront donnés aux pauvres et le pain entier sera gardé. Maintenant, comme le don aux pauvres est semblable au règne du ciel et pour que la foi chrétienne vous reconnaisse comme ceux qui ne doutent pas de cela, il conviendra que le dixième du pain soit donné à l'aumônier pour les pauvres.

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De la collation

22. Lorsque le jour s'en va et que la nuit approche, lorsque la cloche sonne ou que l'appel de la communauté est fait, ou selon l'usage de la contrée, que tous aillent aux complies. Nous demandons premièrement de prendre une collation générale, mais elle sera mise à l'arbitrage du maître. Quand un frère voudra de l'eau et quand il demandera, par miséricorde, du vin trempé, qu'il lui en soit donné raisonnablement. On doit en prendre avec mesure car, dit Salomon : Quia vinum facit apostatare sapientes, c'est à dire :"Le vin corrompt les sages".

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Tenir silence

23. Quand les frères sortent des complies, aucune permission ne doit être donnée pour parler publiquement, à moins d'une grande nécessité. Mais que chacun s'en aille sagement et en paix dans son lit. S'il a besoin de parler à son écuyer, qu'il lui dise ce qu'il a à lui dire bellement et en paix. Mais si, par aventure, le jour n'a pas suffit à accomplir le travail et qu'il ait besoin de parler pendant les complies, pour une grande nécessité ou pour les besoins de la chevalerie ou pour l'état de la maison, nous entendons que le maître ou une partie des frères anciens qui ont à gouverner la maison après le maître, puissent parler convenablement, et nous demandons que ce soit fait de cette manière.

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24. Car il est écrit : In multiloquio non effugies peccatum, c'est à dire que trop parler incite au péché. Et en autre lieu : Mors et vita in manibus lingue, ce qui veut dire :" La mort et la vie sont au pouvoir de la langue". A celui qui parle, nous défendons, en toute manière, les paroles oiseuses et les vilains éclats de rire. Et si aucune chose n'est à dire de ce qui est dit ci-dessus, lorsque vous viendrez dans votre lit, nous vous commandons de dire l'oraison patenôtre avec humilité et dévotion.

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Des frères souffrants

25. Les frères qui sont fatigués, pour avoir veillé au plus grand bien de la maison, peuvent être dispensés es matines, après avoir demandé l'assentiment et la permission du maître ou de ceux qui sont chargés de cet office. Ils doivent, cependant, dire pour les matines treize patenôtres, comme il est établi ci dessus, afin que la parole s'accorde avec le coeur, ainsi que le dit David : Psallite sapienter, c'est à dire :"Chantez avec sagesse". Et, comme le dit ailleurs le même David :In conspectu angelorum psallam tibi, c'est à dire :"Je chanterai pour toi devant les anges". Que cette chose soit faite suivant l'arbitrage du maître et de ceux qui sont nommés à cet office.

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De la vie en commun

26. On lit dans la Sainte Ecriture :Dividetur singulis prout cuique opus erat, c'est à dire :"Qu'à chacun soit donné suivant ses besoins". Pour cela, nous demandons qu'aucune personne ne soit choisie entre vous, mais que chacun soit prévoyant des malades, et que celui qui est mal à l'aise rende grâces à Dieu et ne se tourmente pas, mais s'humilie pour s'affermir et ne s'agenouille pas par pénitence. De cette manière, tous les membres seront en paix. Et nous défendons que quiconque fasse abstinence sans mesure ; mais qu'il vive fermement de la vie commune.

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Des robes des frères

27. Nous demandons que toutes les robes des frères soient teintes d'une même couleur, à savoir blanche, noire ou de bure, et nous octroyons le manteau blanc à tous les frères chevaliers, en hiver comme en été. A nul autre, qui n'est pas chevalier du Christ, il n'est permis de porter le blanc manteau. Et que ceux qui ont abandonné la vie ténébreuse du monde, à l'exemple de ces robes blanches, puissent se reconnaître comme réconciliés avec le Créateur : ce qui signifie que la blancheur sanctionne la chasteté. La chasteté est la sûreté du courage et la santé du corps, car si un frère ne promet pas la chasteté, il ne peut venir au repos éternel, ni voir Dieu, comme le dit l'apôtre : Pacem sectamini cum omnibus et castimoniam sine qua nemo Deum videbit, ce qui veut dire :"Recherchez la paix avec tous, gardez la chasteté sans laquelle personne ne peut voir Dieu".

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28. Par le commun conseil de tout le chapitre, nous contredisons et ordonnons que soit reconnu comme un vice familier celui qui, sans discrétion, serait dans la maison de Dieu et des chevaliers du Temple. Que les écuyers et les sergents n'aient pas de robe blanche, car ce serait grand dommage pour la maison. Il advint, dans les parties d'outre-mont, que de faux frères, mariés ou autres, surgirent en disant qu'ils étaient frères du Temple alors qu'ils étaient du siècle. Ils nous procurent honte et dommage, ainsi qu'à l'ordre de la chevalerie. Que, pour cela, les écuyers ne s'enorgueillissent pas car, à cause de cette chose, ils firent naître plusieurs scandales. Donc, qu'il leur soit donné des robes noires, qu'ils mettent, si l'on ne peut trouver d'autre toile, que l'on trouvera dans la province, des toiles qui seront données ou encore qui sera le plus vil, à savoir la bure.

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29. Mais ces robes doivent être sans superflu et sans orgueil. Et si nous avons décidé qu'aucun frère n'ait de fourrure, ni de pelisse à sa robe, ni autre chose qui appartienne à l'usage du corps, ni même une couverture, nous autorisons celle d'agneau ou de mouton. De toute manière, nous ordonnons à tous que chacun ne puisse se vêtir ou se dévêtir, se chausser ou se déchausser, comme un bon lui semble. Et le drapier, ou celui qui tient sa place, se doit de pourvoir et de penser à avoir le don de Dieu en toute chose, comme il est dit : que les yeux des envieux et des mauvais ne puisse noter quelque chose sur les robes qui sont données ; quelles ne soient ni trop longues, ni trop courtes, mais qu'elles soient à la mesure de ceux qui doivent en user. Le drapier, ou celui qui tient sa place, doit les répartir suivant les besoins de chacun.

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30. Et si un frère, par un mouvement d'orgueil ou par présomption de courage, veut avoir, comme une chose qui lui est due, la plus belle ou la meilleure robe, qu'il lui soit donné la plus vile. Ceux qui reçoivent des robes neuves doivent rendre les vieilles pour les donner aux écuyers et aux sergents, mais le plus souvent aux pauvres, selon ce qui semblera meilleur à celui qui tient cet office.

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Des draps de lit

31. Nous demandons que chacun ait des robes et le nécessaire pour le lit, suivant la prévoyance du maître. Nous entendons que cela suffise à chacun, après le sac, le coussin et la couverture. A celui à qui il en faudra en plus, nous autorisons une carpite et, en tout temps, il pourra user d'une couverture de linge, c'est-à-dire en peluche de fil. Et, en tout temps, les frères seront vêtus de chemises et de braies, de chausses et de ceintures ; dans le lieu où ils dormiront, qu'il y ait une lumière jusqu'au matin. Le drapier doit donner aux frères des habits bien taillés afin qu'ils puissent avoir bon aspect devant et derrière. De cette manière, nous ordonnons fermement qu'ils aient la barbe et la moustache sans qu'aucune superfluité de vice ne puisse être notée en leur tenue.

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Des becs et des lacets de souliers

32. Nous défendons les becs et les lacets de souliers et nous défendons que quelqu'un en ait. Et, à tous ceux qui servent la maison à temps, nous ne l'octroyons pas non plus et nous contredisons de toute façon qu'ils aient des souliers avec des becs et des lacets, car cette chose est connue pour être abominable et réservée aux païens. Qu'ils n'aient pas non plus de choses superflues dans les cheveux et les robes ; car ceux qui servent le Souverain Créateur doivent nécessairement être nés dans et hors la garantie de Dieu qui dit : Estote mundi quia ego mundus sum, c'est-à-dire : "Sois net, comme je suis net".

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Des bêtes et des écuyers

33. Chaque frère chevalier peut avoir 3 bêtes et pas plus, à moins qu'il n'ait une permission du maître, et cela à cause de la grande pauvreté qui est actuellement dans la maison de Dieu et du Temple de Salomon. A chaque frère chevalier, nous octroyons donc d'avoir trois bêtes et un écuyer ; et si cet écuyer sert de son propre gré et pour la charité, le frère ne doit pas le battre pour quelque faute qu'il fasse.

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Des chevaliers séculiers qui servent à terme

34. Pour tous les chevaliers séculiers qui désirent, par pure volonté, servir à terme avec Jésus-Christ et avec la maison du Temple de Salomon, nous commandons d'acheter, avec loyauté, un cheval convenable, des armes et tout ce qui leur sera nécessaire pour leurs besoins. Ensuite, nous demandons aux deux parties de mettre le cheval à prix et de noter le prix par écrit pour qu'il ne soit pas oublié. Que les choses nécessaires à la vie de l'écuyer, du chevalier et du cheval, comme les fers pour le cheval, leur soient donnés selon l'aisance de la maison et par fraternelle charité. Si d'aventure, pendant le terme, le cheval venait à mourir au service de la maison, et que la maison puisse le faire, le maître lui en donnerait un autre. Si, à la fin du terme, le chevalier désire rentrer dans son pays, la moitié du prix du cheval sera laissée par charité à la maison par le chevalier et l'autre moitié, s'il le veut, il la recevra comme aumône de la maison.

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Comment doivent aller les frères

35. Il est une chose convenable à tous les frères qui sont profès, que pour faire le saint service et pour avoir la gloire du souverain bien et pour éviter le feu de l'enfer, qu'ils aient une ferme obéissance à leur maître. Car aucune chose n'est plus chère à Jésus-Christ que l'obéissance. Que lorsqu'une chose sera commandée par le maître ou par celui à qui le maître en aura donné le pouvoir, qu'elle soit faite sans aucune réserve, comme si c'était Dieu qui l'avait commandée. Comme dit Jésus-Christ par la bouche de David, et c'est la vérité : Ob auditu auris obedivit mihi, c'est à dire : "Il m'a obéi dès qu'il m'a entendu".

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36. Pour cela, nous demandons à tous les frères qui ont abandonné leur propre volonté, comme à tous ceux qui servent à terme, de ne point aller dans la ville ou dans la cité sans la permission du maître ou de celui qui tiendra sa place, excepté de nuit, au Sépulcre et aux lieux de prières qui se trouvent dans les murs de la cité de Jérusalem.

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37. Ainsi peuvent aller les frères et ils ne peuvent pas aller d'une autre manière, ni de jour, ni de nuit. Lorsqu'ils sont en arrêt à l'herbage, aucun frère, ni écuyer, ni aucun sergent ne doit aller au campement d'un autre pour le voir ou pour parler avec lui sans permission, comme il est dit ci-dessus. Nous commandons aussi, par le commun conseil de la maison et qui est ordonné par Dieu, qu'aucun frère ne combatte, ni ne se repose selon sa propre volonté, mais selon les commandements du maître auxquels tous doivent se soumettre. Qu’ils s'efforcent de suivre cette sentence de Jésus-Christ, qui dit : Non veni facere voluntatem meam, sed ejus qui misi me patris, c'est-à-dire :"Je ne viens pas faire ma volonté mais la volonté de mon père qui m'a envoyé".

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Que personne ne demande

38. Nous commandons de garder proprement cet usage et de le garder fermement entre tous les autres : qu'aucun frère ne demande le cheval d'un autre, ni ses armures. Il sera donc pratiqué de cette manière : si l'infirmité d'un frère ou la faiblesse de ses bêtes ou de ses armures sont reconnues telles que le frère ne puisse aller à la besogne de la maison sans dommage, qu'il vienne trouver le maître et qu'il lui montre son cas en pure foi, ou à celui qui tient cette place après le maître et, qu'en vraie fraternité, il demeure à la disposition du maître ou de celui qui tient sa place.

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Que nul frère n'ait de harnais dorés

39. Nous défendons totalement que les frères aient de l'or et de l'argent à leurs brides, à leurs étriers et à leurs éperons. Si cela arrivait, qu'ils les mettent de côté. Mais s'il advient qu'un vieil harnais leur soit donné par charité, que l'or et l'argent soit gratté afin que la beauté resplendissante ne soit pas vue des autres, non plus que l'orgueil qu'on en peut ressentir. Mais si c'est un harnais neuf qui est donné, c'est le maître qui le fera.

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Du maître

40. Le maître peut donner à qui il veut le cheval d'un autre frère ainsi que ses armures et ce qu'il voudra. Le frère à qui cette chose sera donnée, ou aura été ôtée, ne doit pas se courroucer, car sachez bien que s'il se courrouçait, il le ferait contre Dieu.

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Des serrures

41. Sans la permission du maître ou de celui qui est à sa place, aucun frère ne peut avoir de loquet, ni dans son sac, ni dans sa malle. A cela ne sont pas tenus les commandeurs des maisons ni des provinces, ni même le maître. Sans autorisation du maître ou de son commandeur, un frère ne doit recevoir de lettres ni de ses parents, ni d'autres personnes ; mais lorsqu'il en aura la permission, les lettres seront lues devant lui, si cela plaît au maître ou au commandeur.

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Que nul ne se glorifie de ses fautes

42. Bien que toutes les paroles oiseuses soient connues généralement pour être un péché, que devront dire ceux qui s'en glorifient, devant Jésus-Christ, le juge suprême, nous démontrons ce que dit le prophète David : Obmutui et silui a bonis, c'est à dire que l'on doit se garder même de bien parler et observer le silence. Ainsi, pour fuir le péché, on doit cesser et s'interdire de mal parler. Nous défendons et contredisons fermement qu'un frère raconte à un autre frère les procès qu'il a eus dans le siècle, ce qui est une mauvaise chose en travail de chevalerie, et qu'il narre aussi les délits de chair auxquels il a pu succomber avec des femmes assujetties. Et s'il advenait qu'un frère l'entende raconter d'un autre frère, qu'il le fasse taire aussitôt ; et s'il n'y parvenait pas, qu'il abandonne aussitôt sa place et ferme les oreilles de son coeur à ce marchand d'huile.

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Des dons séculiers

43. Si, par grâce, une chose qui ne peut être conservée, comme la viande, est donnée à un frère par un homme du siècle, il doit aussitôt présenter ce don au maître ou au commandeur de la viande. Mais s'il advient qu'un de ses amis ou un parent ne veuille le donner qu'à lui, il ne peut le prendre sans congé du maître ou de celui qui tient sa place. A ce commandement, nous voulons que soient tenus les commandeurs et les baillis, auxquels cet office est spécialement demandé.

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Des victuailles

44. Ce commandement, établi par nous, est une chose profitable que tous doivent garder et pour cela nous demandons fermement que rien ne soit gardé et qu'aucun frère ne possède rien, ni victuaille, ni linge, ni laine, ni autre chose, hormis son sac.

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Comment ils doivent changer

45. Sans congé du maître ou de celui qui tient sa place, aucun frère ne doit changer une chose avec une autre, ni ne doit demander si cette chose est petite ou vile.

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De la chasse

46. Ensemble, nous contredisons qu'un frère prenne un oiseau avec un autre oiseau. Il ne convient pas à des religieux de se procurer des plaisirs, mais d'entendre volontiers les commandements de Dieu et d'être souvent en prière, pour reconnaître chaque jour, avec Dieu, par des larmes et des pleurs, le mal qui l'aura tué. Qu'aucun frère ne cherche à accompagner spécialement un homme qui tue un oiseau avec un autre oiseau. Il est plus convenable à tout homme religieux d'aller simplement et humblement, sans rire et sans parler, raisonnablement et sans hausser le ton. Et pour cela, nous commandons spécialement à tous les frères qu'on ne les voie pas dans les bois avec des arcs et des arbalètes pour chasser les bêtes, ni avec l'homme qui chasse, à moins que ce ne soit pour le préserver des délits païens. Vous ne devez pas non plus aller après les chiens, ni crier, ni bavarder, ni pointer le cheval pour tenter de capturer une bête sauvage.