Pour mener son extraordinaire projet à bien, Bernard de Clairvaux avait besoin d’hommes exceptionnels, s’il fut le concepteur divinement inspiré, Hugues de Payns fut son admirable chef de mission et sa cheville ouvrière.

II. Hugues de Payns

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Il n’existe pas de représentation d’époque d’Hugues de Payns, celle-ci date de 1841

Hugues de Payns est né en Champagne vers 1070 sur la terre de Payens, à environ 10 km de Troyes.

On peut penser qu’à l’image des autres jeunes nobles de son temps, il devint majeur vers l’âge de quatorze ans, puis écuyer d’un chevalier de son entourage, (peut être même du comte de Champagne), et enfin chevalier lui-même vers 1085. (Car on le retrouve mentionné dans une chartre de cette époque comme Seigneur de Montigny).

Il reçut son fief de Payns, soit en héritage de son père, selon l’usage qui commençait à se répandre en ce Xe siècle, soit directement du comte de Champagne.

Il est de fait extrêmement lié à la maison des comtes de Champagne, vassal de ce dernier, il est de plus un seigneur important de sa cour car il appose sa signature en tant que témoin sur des chartes de donations effectuées par Hugues de Troyes, comte de Champagne.

Sur un des actes daté du 21 octobre 1100 il signe Hugo de Paenz, sur l’autre Hugo de Paenciis.

Il est aussi extrêmement lié à Bernard de Clairvaux qui l’appelait : « mon bien-aimé Hugo ».

Il n’est pas certain qu’il ait participé à la première croisade, déclenchée en 1095 par le pape Urbain II et qui s’achèvera par la prise de Jérusalem par les croisés en 1099.

En revanche, en 1104, il accompagne son suzerain Hugues de Champagne lors de son pèlerinage à Jérusalem en Terre Sainte. Il rentre en France l’année suivante, non sans avoir auparavant rencontré en compagnie d’Etienne Harding (l’abbé de l’abbaye de Cîteaux…), le rabbin et kabbaliste Salomon Rachi…!

De retour chez lui, Hugues de Payns épouse une jeune fille noble du sud de la Champagne, Elisabeth de Chappes. Ils auront trois enfants nés entre 1108 et 1114, prénommés Gibin, Isabelle et Thibaud (qui deviendra abbé de l’abbaye cistercienne de Sainte Colombe de Sens…).

En 1113, Hugues de Payns signe une charte de donation du comte de Champagne. Le document porte l’inscription suivante : « Hugo, dominus (seigneur) de Peanz ».

En 1114, il repart en Terre Sainte avec 8 autres compagnons et surtout avec l’appui du Comte de Champagne, mais cette fois-ci s’y installe définitivement. Il doit alors se séparer de sa femme qui entre au couvent et y restera jusqu’à la mort de son mari. Le groupe rejoint les chevaliers qui oeuvraient à la protection du tombeau du Christ, haut lieu de pèlerinage, à Jérusalem. Ce groupe vivait alors sous la protection et l’autorité des chanoines du Saint-Sépulcre.

C’est en 1119, après avoir prononcé leurs vœux monastiques devant le Patriarche de Jérusalem qu’ils prendront le nom de Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon.

Hugues de Payns est un homme qui inspire le respect, très proche et très lié à Bernard de Clairvaux, et au comte de Champagne, il dut être un fin négociateur et un excellent diplomate.

C’est lui que Baudoin II, roi de Jérusalem, charge d’une ambassade auprès du pape Honorius II.

C’est lui qui est chargé de négocier le mariage de Mélisende, fille de Baudoin II avec Foulques d’Anjou. (Lequel succédera à son beau-père en tant que roi de Jérusalem en 1131… )

C’est lui encore qui incite Baudoin à s’entendre avec l’Ismaélien Aboull-Fewa, les deux suzerains échangeant Tyr contre Damas. De ces négociations discrètes naîtront des relations qui dureront 80 ans entre les Templiers et les chefs de la sectes des Ismaéliens (à laquelle appartient le « vieux de la montagne » et ses célèbres haschischins)

C’est lui encore qu’Honorius II envoie au concile de Troyes, en 1128.

Hugues de Payns dirigea l’ordre du Temple pendant plus de vingt ans, jusqu’à sa mort en  Palestine le 24 Mai 1136. Il était alors âgé de 66 ans.

Ses funérailles sont l’occasion d’une grande parade templière à Jérusalem.

Sa mystérieuse mission était accomplie…!

A suivre...

crucita