14 août 2007
Les Vierges Noires
Les Vierges Noires
« Je suis La Nature, mère des choses, maîtresse de tous les éléments, origine et principe des siècles, divinité suprême, reine des Mânes, première entre les habitants du ciel, type uniforme des Dieux et des Déesses. C’est moi dont la volonté gouverne les voûtes lumineuses du ciel, les souffles salubres de l’océan, le silence lugubre des enfers. Puissance unique, je suis par l’univers entier adorée sous plusieurs formes, avec des cérémonies diverses, avec mille noms différents.
Les phrygiens, premiers nés sur terre, m’appellent la déesse-mère de Pessinonte ; les Athéniens autochtones me nomment Minerve la Cécropienne ; chez les habitants de l’île de Chypre, je suis Vénus de Paphos ; chez les Crétois armés de l’arc, je suis Diane Dictynna ; chez les Siciliens qui parlent trois langues, Proserpine la Strygienne ; chez les habitants d’Eleusis, l’antique Cérès. Les uns m’appellent Junon, d’autres Bellone; ceux-ci Hécate, ceux-là la déesse Ramonte. Mais ceux qui, les premiers, sont éclairés par les rayons du soleil naissant, les peuples d’Ethiopie, de l’Asie et les Egyptiens, puissants par leur antique savoir, ceux-là me rendent mon véritable culte et m’appellent de mon vrai nom : la reine Isis."
Apulée « Métamorphoses XI »
Et si Apulée n’avait pas vécu au II ème siècle avant notre ère, il aurait pu rajouter « et les chrétiens me nomment la vierge Marie... »
Les Vierges Noires sont l’objet d’une dévotion toute particulière.
On leur prête depuis toujours, des pouvoirs miraculeux et ces statues sont devenues des objets de légendes, transmises de siècle en siècle par la tradition orale.
Elles sont par excellence le symbole de la fécondité, source de vie humaine et fertilité des terres, et leur couleur noire intrigue bien des gens…
On en trouve dans toute la chrétienté d’Occident excepté dans les pays où s’affirme la tradition orientale de l’icône ainsi qu’en Europe de l’Est. Des sanctuaires renommés lui sont dédiés tels que Montserrat en Catalogne ou Notre-Dame de l’Aparecida au Brésil. Particulièrement fréquentes en France, leur culte est attesté tout particulièrement en Auvergne et dans tout le Massif Central.

Origine :
Nous savons que la statue d’Isis assise avec son fils, était noire, Artémis d’Ephèse l’était également. Ces Déesses comme celles des Phéniciens avaient pénétré l’Europe de l’Ouest très tôt. La religion romaine après la conquête de la Grèce a tout simplement adopté la mythologie du pays (Zeus = Jupiter). Quand à la religion chrétienne, elle s’est petit à petit adaptée aux traditions locales. Toutes les religions méditerranéennes antérieures au Christianisme adoraient déjà des divinités féminines, Marie a donc hérité de toutes ces divinités détrônées.
Les tribus celtes du pays gaulois adoraient le dieu Bélem dont la soeur et l’épouse était Bélisama… la Vierge noire, la brillante, la grande Reine, on remarque d’ailleurs une parenté d’attitude entre la Déesse mère celtique et les Vierges noires.
Ce culte de la « Déesse mère » ou de la Déesse terre » qui correspond à une symbolique universelle était très répandu. Cette « Déesse Mère » était une déesse très complexe qui représentait les aléas de la nature (sécheresse, famine, orages ...) aussi bien que les moissons abondantes et les bonnes saisons. C’était surtout comme nous l’avons vu une déesse de la fécondité et de la vie. Elle représente donc à la fois le bien et le mal, la création et la destruction, la lumière et l’obscurité.
L’arrivée du Christianisme qui se développe rapidement autour de la Méditerranée va se propager en Gaule dès les premiers siècles (Irénée, Saint-Martin). Mais le Christianisme est une religion patriarcale (père et fils) et tout en pratiquant le culte chrétien, les peuples continuent à vénérer les déesses Mères très présentes dans leur religion, car le Christianisme n’a pas fait disparaître le Druidisme bien implanté en Gaule.
Pour tenter d’harmoniser le christianisme avec les traditions locales, l’Eglise va introduire le culte de Marie (cf. le concile d’Ephèse 431). Mais cette introduction d’une Marie, mère de Dieu, plus classique, plus immaculée, plus chaste va se faire très lentement.
Jusqu’à Saint Bernard…
Bernard de Clairvaux est un fervent admirateur de la Vierge qu’il vénère « plus oultre ne peut ». Il considère la Vierge Marie comme le lien entre le sensible et le divin. Le passage obligé pour joindre les lois terrestres aux lois célestes.
Durant le Moyen âge, et sous son impulsion, le culte marital va prendre des proportions extraordinaires, qu’on y songe : pas moins de 80 cathédrales, environ 500 églises et quelques milliers d’églises paroissiales…(sans compter les pélerinages) en 3 siècles seulement la France a charrié plus de pierres que l’ancienne Egypte en n’importe quelle période de son histoire !!!

La couleur noire de ces statues intrigue fortement :
- Certains ne voient dans l’assombrissement de leur carnation que les effets du temps : altération naturelle des matériaux qui les composent ou exposition à la fumée des cierges et de l’encens, cette explication ne tient pas beaucoup, car tout le statuaire chrétien finirait alors par s’assombrir lui aussi…
- D’autres affirment qu’elles ont été noircies volontairement ou exécutées en bois foncé pour traduire les paroles de la Fiancée du Cantique des Cantiques : Nigra sum, sed formosa (Je suis noire mais belle).
Ah le fameux Cantique des Cantiques… ! Rappelez vous de Saint Bernard et de sa passion pour ce passage de la Bible (il prononcera pas moins de 86 sermons sur ce texte attribué à …Salomon) mais si St Bernard est bien celui par lequel le culte marital va prendre tout son essor, n’oublions pas que ce culte est bien plus ancien que le christianisme.
- Difficile de ne pas y voir aussi une allégorie alchimique…
Le XI ème siècle fut un siècle initiatique à n’en point douter.
Cette civilisation est issue d’un effort conscient de différents hommes, qui l’ont conduite à son apogée. Une petite élite connaissait les secrets qui lui ont permis de faire progresser la culture de ce temps.
L’art du Moyen-âge est une écriture sacrée dont tout artiste doit apprendre les éléments…
Il nous montre une chose, et nous invite à en voir une autre. L’art pour l’art n’existe pas. L’art sacré est avant tout « utilitaire et pédagogique, que celui qui a des yeux pour voir… ».
De tout temps la couleur noire a représenté « La Terre » donnant une idée générale de fécondité, de maternité. (Aucune terre n’est plus féconde que celle provenant de la décomposition de végétaux, c’est à dire une terre d’aspect noir).
La couleur noire a donc une double signification : elle représente la terre sous ses deux aspects, l’un triste et destructeur, l’autre bienfaisant et fécondant, montrant le triomphe de la vie sur le néant.
Tout cela nous amène au noir alchimique : couleur de la terre primitive qui donne la vie et la mort : on passe de l’état profane à une nouvelle vie.
Dans les opérations alchimiques, en effet, la matière première (materiae prima) se transforme en se colorant de diverses façons. Trois couleurs dominent... oeuvre au noir, oeuvre au blanc et oeuvre au rouge. Le bleu nuit est assimilé au noir (putréfaction), le blanc, phase suivante (purification) et le rouge (rubification, action du feu secret). A la couleur dorée correspond la transmutation des métaux vulgaires en or (symbole de la perfection initiatique).
Et l’on retrouve de nombreuses références alchimiques dans les Cathédrales :
On y trouve souvent trois rosaces, une à chaque extrémité du transept, et la troisième, la plus importante, ornant la façade du grand porche. Les églises étant la plupart du temps « orientées » elles se « révèlent » au soleil.
Ainsi, comme dans les couleurs des vêtements des Vierges noires, on retrouve les couleurs successives du grand œuvre : première rosace au nord (le noir, sans soleil), deuxième au sud (le blanc étincelant de lumière) et troisième au soleil couchant (le rouge)…
Ainsi est-il raisonnable d’envisager une Triple explication aux Vierges noires du Moyen-âge :
- D’une part une survivance de cultes païens y compris d’origine orientale.
- D’autre part l’expression concomitante de la tradition celte.
- Enfin une référence à peine voilée, des artistes (initiés) du Moyen-âge à l’art alchimique.
Et tout le génie de Saint Bernard va s’exprimer en inventant l’expression Notre Dame !
Sous cette appellation inconnue jusqu’alors, tous ces cultes d’origines diverses vont se retrouver « rangés », fédérés si je puis m’exprimer ainsi, pour pouvoir cohabiter et se fondre dans le culte de la Vierge Marie.
La Vierge Marie prend dès lors la place qu’elle mérite, Saint Bernard étant le premier à la lui donner. Tous les monastères cisterciens sont dédiés à Notre-Dame, toutes les cathédrales gothiques sont consacrées à Notre-Dame, les ordres cisterciens et templiers sont voués à la Vierge...
Les caractéristiques :
Tout d’abord, il faut bien savoir que les Vierges noires authentiques ne sont plus très nombreuses : à peine une quarantaine, pour celles qui sont parvenues jusqu’à nous.
Elles ont toujours treize caractéristiques communes :
1 - Elles sont réalisées aux XII ème et XIII ème siècles
C’est-à-dire à l’apogée de la civilisation du haut Moyen-âge.
2 - Elles sont toujours représentées en majesté
La vierge est assise en une pose aristocratique et princière, mais son siège n’est qu’une cathèdre (siège assez sobre, sans dossier ou avec un dossier court)
Dans les représentations antiques, Isis était-elle aussi assise sur ce genre de siège. Les grandes églises de l’époque sont appelées cathédrales depuis la même étymologie (latin: cathedra = siège) et de plus, sont des cathédrales « Notre-Dame »...
3 - Le visage ne reflète aucune tendresse, ni compassion
Il est noble, souverain, hiératique...
4 - Le visage de Jésus est moins soigné
Comme si le plus important était la représentation de la mère...
5 - Les vêtements sont bleu, blanc, rouge avec des garnitures dorées
Ne pas oublier comme nous l’avons vu que pour les artisans du Moyen-Âge, les couleurs ne sont pas choisies au hasard, chacune ayant un impact symbolique.
De nombreux autres symboles alchimiques sont liés aux vierges noires, comme le « lait de la vierge » (eau mercurielle) et nous retrouvons là encore Saint Bernard avec l’allégorie de la lactation (il but du sein d’une vierge noire trois gouttes de lait).
Souvent la robe de la vierge est décorée de losanges formant un réseau de mailles de filet. Lors de la phase « coagula », la matière prend la forme d’une pâte feuilletée sur la surface de laquelle apparaît un quadrillage en forme de losanges…
6 - Elles ont toutes les mêmes dimensions
Les différences étant dues à des détails comme la hauteur de la coiffe ou du socle.
70 cm de haut, 30cm de large et 30cm de profondeur à la base.
La statue est donc réalisée dans une proportion de 7 à 3, deux des nombres chargés d’une signification particulièrement sacrée pour les anciens.
3 évoque les diverses trinités : triades druidiques et templières, les 3 aspects de la matière, tandis que le 7, autre nombre premier, correspond par exemple à la durée de la création, les merveilles du monde, le trivium et quadrivium enseignés dans les abbayes.
Souvent les mains sont démesurées. La main a toujours été magique car elle représente le 5 qui est le milieu dans la série de 1 à 10. Il est l’union des inégaux, la somme du 3 qui est le principe masculin et du 2, principe féminin. La main marque donc la réconciliation entre ces deux principes contraires et complémentaires. Il est aussi le symbole de la quintessence.
Dans les anciens récits sacrés de l’humanité, tout, dans l’univers, naissait de la rencontre d’un principe masculin et d’un féminin. Ainsi la terre vierge fût fécondée par les rayons du soleil et c’est grâce à cette action bienfaisante qu’elle a pu donner la vie. Dès lors, les anciens ont fait de la terre, la grande déesse, la représentation symbolique du grand principe féminin, et du soleil, le principe masculin. C’est pourquoi dans toutes les religions où l’on vénère une déesse terre, un culte solaire est toujours associé.
Dans le cas des vierges noires, cette présence solaire apparaît parfois de manière indirecte et subtile : par exemple, la vierge se trouve directement placée dans un lieu autrefois consacré à Belem (équivalent celtique d’Apollon). Ou bien la présence d’un taureau dans la légende de la découverte miraculeuse de la statue. Le taureau est l’animal viril et solaire par excellence. Parfois il est remplacé par d’autres animaux ayant cependant la même valeur symbolique (cerf, lion...). Même indication solaire qui a attribué la fabrication de certaines statues de la Vierge noire à saint Luc (emblème : le taureau...)
Petit aparté concernant les dimensions:
Les signes en bas du dessin représentent le symbole de la connaissance regroupée. (rehchrismon) alpha et oméga (observation des étoiles et du soleil) et l'étoile pentagonale.
Tout est proportionné dans la statue à deux et trois largeurs de doigts comme l'indique les mains sculptées de la vierge et de l'enfant. La tête en forme d'œuf de l'enfant confirme qu'il était le signe solaire de ce temps.
Par sa main droite, la vierge fait le signe de la chose cachée. Elle dit le secret du tracé dont la ligne essentielle doit passer par le pouce et l’index, montrant qu’il faudra attendre, pour qu'elle parle grâce à son fils, le moment où une étoile indiquera qu'elle, la vierge Marie, est bien la mère de la terre, capable de s'animer de la vie solaire pour retransmettre ses grâces.
7 - Le lieu où elles étaient placées était connu depuis l’antiquité
On y célébrait la terre mère (proximité d’une source, d’un puits, d’un arbre sacré ou d’une pierre dressée). Ce sont des lieux bénis par la nature, où l’homme, averti par la science "magique" de ses initiés, va se rendre pour y recevoir des bienfaits tant physiques que spirituels.
Ces lieux sont toujours placés sur des veines de courants telluriques que l’homme moderne démontrera scientifiquement plus tard… Ces forces peuvent s’associer aux courants hydrographiques. Le tracé de ces lignes sur la carte de France reproduit un quadrillage de lignes qui s’entrecroisent, répétant l’implantation des vierges noires. (En terre gauloise et en Galice, on retrouvera deux caps : Finistère et Finisterre, marquant la fin de deux veines telluriques soulignées (j’allais mettre soignées...) par l’implantation de menhirs et de dolmens)
Souvent, l'énergie cosmique est aussi au rendez-vous... Dans nos églises romanes et gothiques, le croisement des deux courants, l'un capté par le puits et l'autre par le clocher, se rencontrent à l'emplacement de l'autel.
Un lieu sacré, avant d'être utilisé par l'homme, fonctionne à l'état naturel comme point d'échange entre des forces du ciel et de la terre. Les rituels humains ne font que renforcer le processus et le mettre à la disposition des vivants. Le lieu peut se passer de l'homme et de l'appareil, le temple ne peut se passer du lieu, ni des hommes pour son entretien. Les hommes peuvent utiliser le lieu en se passant de l'appareil. Ils peuvent se passer de l'un et de l'autre à partir d'un certain stade d'évolution. La conjonction des trois permet parfois des miracles. (Lesquels n'existent pas, étant les reflets de lois naturelles intelligemment mises en œuvre).
8 - Un élément oriental est associé à chaque vierge noire
Elles ont souvent un style oriental ou byzantin, les légendes revêtent aussi souvent cet aspect oriental : statues sculptées en orient par un prophète ou par saint Luc (symbole de l’évangéliste : le taureau), offertes en hommage à un croisé ou à saint Louis par quelque soudard d’Egypte. On retrouve là une dimension qui s’ajoute à l’apport Celte et Chrétien.
9 - La vierge noire est un lieu important de pèlerinage au moyen-âge.
Les pèlerinages suivent les veines telluriques (reprenant souvent le sens des plissements montagneux et des failles).
L'homme suivait ces lignes de force qui agissaient sur lui comme un déterminisme, laissant à chaque sanctuaire un témoignage de sa foi, une marque de son savoir et de son faire. C'est la contribution aux premières réalisations architecturales. Souvent la route se faisait pieds nus pour mieux capter les énergies particulières.
10 - Dans l’histoire de leurs sanctuaires, on retrouve toujours la présence d’abbayes bénédictines, cisterciennes ou templières.
Il apparaît donc, une certaine protection initiatique entourant la statue. Ce qui confirme que les bénédictins, cisterciens et templiers étaient bien les continuateurs éclairés des druides dont la science naturaliste avait été retrouvée, comprise et pratiquée. Son symbolisme d’initiation explique aussi la vénération de saint Bernard.
11 - Malgré les mutilations et les restaurations, les édifices dans lesquels elles se trouvaient au Moyen-âge, lorsqu’ils subsistent, conservent des signes et des indices à caractère ésotérique et initiatique.
12 - Les miracles, ceux de leurs origines ou ceux qu’elles opèrent, sont concordants
Les moines au Moyen-âge, en répandant ces récits extraordinaires, n’ont même pas cherché la vraisemblance.
Leur but n’était pas de prouver des miracles pour l’édification des fidèles, il était de greffer sur le culte un environnement légendaire complétant l’explication ésotérique du sens caché de la statue.
Les miracles révèlent une fois de plus deux ordres de choses :
- d’une part la vierge noire, au delà de la Marie chrétienne, est orientale et celtique.
- d’autre part, oeuvre d’adeptes, elle représente le cheminement de l’initiation et les étapes du grand oeuvre alchimique. Les deux sens de ces récits souvent se complètent et se confondent.
Les anciens textes contenant les mythes qui traduisent l’acquisition de la connaissance font tous état d'une « traversée », d’un long et difficile voyage maritime (Ulysse, Jason...). L’alchimiste, utilisant la voie rapide, dite voie humide, appellera aussi traversée l’ensemble des opérations auxquelles il procèdera (vierges noires protectrices des marins, même si le sanctuaire est placé en haut d’une montagne...).
13 - Leurs rituels présentent d’étranges similitudes
Plusieurs éléments échappent à toute explication religieuse catholique traditionnelle comme des offrandes de roues* de cire, dépôts processionnels sur une pierre hors l’église, utilisation du vin, cierges de couleur verte...
A noter : Jusqu’au XVIIIe siècle, les pèlerins qui se rendaient à Chartres observaient un rite mystérieux qui n’avait rien de chrétien :
Après avoir prié dans l’abbaye et entendu la messe, ils descendaient, par un passage situé au nord de l’église, dans une crypte souterraine. Là, ils adoraient en silence une statue d’ébène, « Notre Dame de Sous Terre ». Celle-ci était une femme assise qui tenait un enfant dans ses bras.
La tête de la statue était couronnée et, à ses pieds, on pouvait lire l’inscription latine : Virgini pariturae (La Vierge devant enfanter). Détruite sous la Révolution, cette statue de la Vierge noire sera refaite au XIXe siècle et, depuis, elle est vénérée sous le nom de « Vierge au pilier ».
On sait également que, depuis toujours, une Vierge a été vénérée sur le site de Chartres et que le fameux puit a probablement été creusé par les anciens Celtes, ou bien par ceux qui les ont précédés…

En conclusion
Les vierges noires sont issues de trois sources : celtique, orientale et monastique. Mais elles ne sont qu'une des manifestations limitées dans le temps et localisée dans une aire géographique déterminée, d'un phénomène spirituel beaucoup plus vaste.
De toutes les civilisations et de toutes les grandes religions ayant du sacré la même idée et la même vision, celles qui ont vénéré à la fois la déesse-terre et le soleil ont toujours abouti, sous des formes variées à des figurations noires comparables aux vierges noires et riches en profondeur du même impact symbolique : grecs, romains, hindous ou égyptiens, indiens précolombiens, musulmans intégrant dans leur sanctuaire le plus sacré la pierre noire, gitans instaurant au pays du soleil de la mer et des taureaux le culte de Sara.
Car la grande tradition sacrée de l'humanité n'a connu de particularités régionales que dans ses formes les plus extérieures. Mais bien au-delà de ces nuances et de ces détails, ceux qui, partout et depuis la nuit des temps, savaient ou s'efforçaient de savoir, se reconnaissaient, toujours réunis, dans le langage des symboles, par une vision unique et universelle.
Tout ceci n'est qu'un petit aperçu de la richesse des symboles que l'on peut trouver en étudiant les vierges noires.
* concernant la roue
De tout temps, pour célébrer le sacré, les civilisations ont connu soit des réunions en cercle, soit des rondes autour d'un feu, d'un arbre, d'une source, d'une statue. Les druides ont pratiqué ces rondes, les évêques aussi (je crois qu'ils l'ont un peu oublié...) et tout le monde connaît les rondes de la saint Jean... Le rond, le cercle, la roue ont donc une valeur sacrée bien spéciale...
Dans les représentations hindoues égyptiennes ou grecques, c'est le serpent qui est disposé en cercle et qui signifie ainsi la vie universelle dont l'agent magique, l'agent moteur, est la lumière; c'est le serpent enroulé qui est au Moyen-âge appelé ouroboros et, comme la circonférence entourant les croix hermétiques, il représente pour les alchimistes, l'unité de la matière et en même temps le fluide universel ou la rénovation perpétuelle de la nature.
Ce n'est pas le cercle en soi qui a une profonde signification sacrée, c'est le cercle en mouvement, c'est la ronde ou la roue...
Pour les initiés extrême-orientaux, la fleur de lotus en rotation marque la connaissance suprême et Bouddha est représenté dans les temples avec à ses côtés des roues, fleurs de lotus stylisées. Au Moyen-âge, en Europe, il en est de même avec les rosaces censées représenter le mouvement circulaire de la rose emblématique des initiés. C'est pourquoi la grande rosace des cathédrales est appelée à l'origine "rota", la roue.
20 août 2007
Notre Dame
Notre Dame

Notre Dame de Chartres
S’il est impossible de ne pas remarquer que les pensées et les prières des Templiers étaient avant tout destinés à la Vierge, (La Sainte Patronne de l’Ordre) il est extrêmement difficile de ne pas établir un lien entre Notre Dame et le gothique. Et si l’art roman fut bénédictin, l’art gothique lui, fut cistercien !
La Vierge Marie est la mère de Jésus, mais est-ce une raison suffisante pour expliquer une telle vénération quasi fusionnelle ? Si le peuple du Moyen-âge semble s’en être contenté, ce ne fut certainement pas le cas des Templiers… Ils connaissaient le culte de la Vierge Noire, la Déesse Mère, Déesse de la terre. Ils connaissaient aussi Marie Madeleine...
Aussi, la vénération des Templiers envers "Leur Dame" n’était pas du à une piété simple et aveugle.
In principio erat verbum… Au commencement était le Verbe… (Évangile de St Jean) qui précisera plus tard : (19, 26-27) : « Voyant ainsi sa mère et près d’elle le disciple qu’il aimait, Jésus dit à sa mère « Femme, voici ton fils ». Il dit ensuite au disciple : « voici ta mère… » L’apôtre nous montre là que Jésus confia sa mère au disciple qui ne pouvait être que le plus accompli et le plus initié d’entre tous…
La Vierge Marie, nous l’avons vu avec le culte des Vierges Noires a peinée pour s’implanter dans le christianisme jusqu’au XI è siècle.
Zélateur incontesté du culte marial, (tous les historiens s’accordent à le reconnaître) St Bernard va favoriser le culte de la Vierge.
Certes, mais de quelle Vierge ?
- « Il ne convient pas que l’épouse du Verbe soit stupide… » Dit Saint Bernard !
Par cette affirmation à peine voilée, Saint Bernard l’initié, nous montre qu’il accédait à d’autres connaissances que celles véhiculées au niveau du vulgaire ! N’a-t-il pas en combattu avec véhémence la notion de l’Immaculée Conception ?
Comment faire coïncider sa dévotion au culte de la Vierge sans rien renier de son initiation celtique ?
Dans un trait de génie, ou une inspiration divine…, il va inventer l’expression : Notre Dame !

Ainsi, le culte de la Vierge Marie habilement rebaptisée Notre Dame va pouvoir se développer dans l’ensemble de la chrétienté, sans que celle-ci ne soupçonne un seul instant que Notre Dame, pour les initiés, désigne en fait la Déesse - Mère d'une part et que d'autre part il n'est pas interdit de penser que derrière Notre Dame soit cachée Marie de Magdala …
L’Ordre du Temple est bien évidemment placé sous la protection de Notre Dame et toutes les Cathédrales construites grâce aux Templiers et qui seront certes dédiées à la Vierge Marie, s’appellent toutes Notre Dame… !

Notre Dame de Paris
Saint Bernard n’ignore rien de l’histoire de l’église catholique romaine : celle de Pierre.
« Tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon église » a dit Jésus.
Sachant que ce dernier le renierait par trois fois, il ne pouvait lui confier que l’aspect matériel de cette mission, l’église des hommes et de leurs faiblesses.
C’est à Jean qu’il a confié sa Mère et les mystères de l’église spirituelle.
Et s’ils vont se mettre au service de l’église de Pierre, et de son représentant le Pape, c’est en réalité l’église secrète de Jean, (celle de Melkisédecq*1 et des initiés) le disciple bien-aimé, l’initié, dont les Templiers vont être les serviteurs zélés… Par l’entremise de Notre Dame que Saint Bernard a toujours considéré comme la médiatrice, l’intermédiaire, le lien entre le sensible et le divin. Le passage obligé pour joindre les lois terrestres aux lois célestes.
Et comment joindre le terrestre au céleste, si ce n’est dans ces extraordinaires constructions, véritables condensés d’ésotérisme et d’alchimie que sont les cathédrales gothiques*2 ?
« La cathédrale est une œuvre totale… l’abrégé le plus savant de la science hermétique »
(Victor Hugo)

Notre Dame de Laon
Nous avons vu précédemment que la véritable explosion de l’art gothique se situe dès le XI è siècle, des dizaines de cathédrales vont alors surgir de terre, (financées en grande partie par les Templiers) et vont s’ériger majestueusement sur…d’anciens lieux de cultes celtiques et préceltiques pour leur immense majorité !
Parmi toutes les cathédrales :
Amiens – Bayeux – Chartres*3 – Coutances – Evreux – Laon – Noyon – Paris – Reims – Rouen – Senlis, présentent un intérêt particulier… en dehors du fait d’être des « Notre Dame »

Elles représentent de façon stylisée la constellation de la Vierge ...!
Et à ceux qui rétorqueraient qu’il n’y a pas de notion d’ésotérisme chez les Templier, ni dans leur histoire ni dans les textes d’archives, je ne saurais trop leur recommander d’oser se poser les bonnes questions, et d’ouvrir enfin les yeux.
A vouloir ne traiter que le contexte purement militaire et historique de la milice, on réduit les Templiers à des moines soldats (ce qui est déjà extraordinaire en soi), et on ne peut que passer à côté de leur dimension spirituelle, et de l’héritage grandiose qu’ils nous ont laissé…

*1 : Melkisédecq (Gn 16-17) personnage énigmatique (et pour cause… !) qui apparaît dans la Bible dès la genèse pour n’y réapparaître que de très rares fois.
Melkisédecq, Roi de Salem, qui fournit le pain et le vin… Prêtre du « Très Haut » à qui Abraham en personne donne la dîme de tout ! Et ce, bien sur, bien avant la naissance de Jésus… Mais nous y reviendrons… plus tard !
*2 : le gothique : article en préparation
*3 : nous reviendrons plus tard sur ce bijou d’hermétisme et d’alchimie qu’est la Cathédrale de Chartres.
24 août 2007
Le Gothique
Le Gothique

Les Templiers tout au long de leur existence, ont manipulé le symbole, avec l’art consommé de l’initié !
Ils excellèrent dans les constructions dites templières et aussi dans les fameuses cathédrales gothiques dont chaque chantier, faut-il encore le rappeler, a été financé, alors que la France manquait d’argent, par l’Ordre du Temple.
Il faut le dire avec vigueur : sans l’Ordre du Temple, la France n’aurait pas ces extraordinaires vaisseaux de pierres et de lumière que sont les cathédrales gothiques, elle n’aurait pas aujourd’hui sous les yeux, tel un livre ouvert, le plus parfait exposé de l’ésotérisme chrétien… 
Les Chevaliers aux blancs manteaux, n’ont jamais rien fait au hasard, tout, absolument tout était méticuleusement, calculé, élaboré, mis en place.
Il y avait une réelle volonté de graver pour l’éternité des symboles pour leurs héritiers…
Rappelons que les lieux n’étaient pas implantés au hasard, mais étaient tous des lieux de culte païen ou celtique.
I : Les bâtisseurs de Dieu, dans la foulée de Clairvaux et Cluny
L’Aube fut un grand centre de vie monastique. Les premières abbayes furent bénédictines, comme Montier la Celle, Notre Dame aux Nonains, Montiéramey. Robert, ancien moine de Montier la Celle, fonda celle de Molesmes, puis de Citeaux.
En 1115, Saint Bernard fonde celle de Clairvaux, qui, à son tour essaima dans toute l’Europe.
En 1119, Hugues de Payns, institua l’Ordre du Temple.
Fondé sous l’impulsion de Saint Bernard de Clairvaux, l’Ordre des Templiers a versé son sang sur les champs de bataille des croisades et protégé les bâtisseurs de cathédrales, auxquels il a confié de nouveaux savoirs.
Richissime, l’Ordre des Templiers avait réussi à poser les fondements d’une nouvelle civilisation. Les cathédrales, dans la mystique de saint Benoît puis de saint Bernard, en étaient la dimension spirituelle, l’aboutissement du long labeur élaboré à l’abbaye de Clairvaux et à l’abbaye de Cluny, où ont été établies les fondations de la civilisation chrétienne occidentale. Plus de 1300 monastères se rangeront en effet sous la règle clunisienne. Et c’est de ce creuset, aussi, qu’est issu le pape Urbain II, qui prêchera la première Croisade.
Parfaitement organisés, les Templiers avaient assuré le nécessaire vital, le blé, l’outil, l’argent. Avec les cathédrales, ils ont donné au peuple la clé de l’éveil spirituel qui lui manquait. Pour agir sur la pierre, il fallait des constructeurs initiés à certaines lois, à l’instar des constructeurs de dolmens sacrés et des pyramides d’Egypte.
Opération de « magie collective » pour la reconquête des lieux saints, les croisades ont donc favorisé l’essor des cathédrales gothiques dans tout l’Occident...
- Pourquoi, comment, s’est-il trouvé, tout à coup dans l’Occident chrétien, des « dompteurs » de pierre comme on n’en avait jamais vu depuis les pyramides ?
- D’où tenaient-ils leur savoir d’initiés ?
- Combien de générations de maçons et de tailleurs de pierre faudrait-il, aujourd'hui, pour produire des maîtres capables de réaliser l'équivalent des cathédrales de Chartres ou d'Amiens?
On objectera que ce phénomène, unique dans l’histoire de l’architecture, est aussi une question de « mode ». Mais le propre de l’architecture n’est-il pas de s’adapter à l’esprit de son temps ?
Et en ce temps là, c’est bel et bien une révolution culturelle et spirituelle que les Templiers opèrent !
Des bâtisseurs de jadis ont laissé leurs signatures, sur des poutres ou des pierres. On connaît des noms d’architectes et de maîtres d’œuvre, pour la plupart des cathédrales, mais pas pour Chartres...
Le fait est que l’on sait peu de choses sur l’origine de ces constructeurs, sur le savoir-faire dont ils ont été les dépositaires. Chaque corporation détenait quelques savants secrets que l’on ne pouvait utiliser sans être instruit d’autres clefs hermétiques, et ce travail, produit par des adeptes du secret, était lié à un caractère essentiellement religieux, quasi sacerdotal et conféré par initiations successives et graduelles
Ils étaient réunis en confréries, fraternités, ou compagnonnages, un mot qui vient de « compas », leur outil de prédilection, et signifiant aussi « qui partage le même pain… ».
Les confréries les plus connues avaient pour nom les Enfants du père Soubise, les Enfants de Maître Jacques*1 ou les Enfants de Salomon. Elles ont aujourd’hui pour héritiers les Compagnons des devoirs du Tour de France. Certains d’entre eux ont gardé une tradition initiatique et morale de savoir-faire et de « chevalerie de métier » en refusant, par exemple, de construire des forteresses et des prisons, leur œuvre étant dévolue aux hommes libres.
La cathédrale, dans cette éthique, apparaît paradoxalement comme un édifice laïc, au sens originel du terme, car construit pour l’Âme du peuple et non pour la gloire des seigneurs.
De saint Louis, ardent croisé, les bâtisseurs de cathédrales obtinrent des franchises royales qui en firent des « maçons francs ». C’est dire la reconnaissance et l’estime dont ils jouissaient.
Ces privilèges, le roi Philippe le Bel, dans son acharnement pour anéantir les Templiers, les supprima sèchement...
II : Sous protection templière
En effet, les bâtisseurs de cathédrales furent pourchassés lors du procès des chevaliers du Temple, leurs protecteurs. Si bien que beaucoup disparurent, signe de leur inclusion dans l’ordre, d’autres entrant dans la clandestinité.
La cathédrale de Chartres a dû être construite par les Enfants de Salomon, qui édifièrent la majorité des autres grands sanctuaires gothiques, comme Amiens et Reims. Les bâtisseurs étaient très liés aux Templiers, qui les avaient instruits et pris sous leur protection. Et on peut remonter plus loin. Car ces constructeurs puisent leurs origines dans les écoles initiatiques de l’ancienne Egypte.
L’art gothique, en tout cas, prospère en même temps que l’Ordre du Temple. Et il déclinera avec lui, de même que l’art du vitrail, tel que splendidement pratiqué à Chartres, lorsque l’Ordre sera brisé, au terme d’un des procès les plus scandaleux de l’histoire.
C’est si vrai que, sept siècles plus tard, lorsque des compagnons travaillèrent sous les ordres de l’architecte et restaurateur de cathédrales Viollet-le-Duc (1814-1879), ils s’effarèrent, raconte Louis Charpentier, « de ce que le moindre choc sur certaines pierres provoquait des ondes sonores comme on en obtient sur des ressorts tendus ou sur des cordes d’instruments de musique ».
III : Le Temple anéanti, la civilisation idéalisée se transforme.
On ira jusqu’à dénigrer le gothique et s’enticher d’art classique antique. Restent les pierres et leur mémoire. Aux XVe et XVIe siècles, le gothique, sur le déclin, devient flamboyant. Des « flammes » architecturales hautement symboliques : on donne dans la surenchère de dentelles de pierres, on répète obsessionnellement courbes et contre-courbes, on démultiplie les nervures dans les voûtes. On assiste à un tumulte plastique qui ne traduit plus la mission fonctionnelle et mystique de l’art gothique, mais la douloureuse inquiétude spirituelle des temps.
IV : L’évolution architecturale
A) Le Roman
La voûte en berceau du style roman (romain/ grec) est très lourde et nécessite des murs très épais, renforcés d’importants contreforts, car le poids des pierres de la voûte en poussant celle-ci vers le bas par la pesanteur, allonge son arc et de ce fait, écarte les murs en haut (voir les pointillés qui simulent le déplacement); seuls le poids des murs et des contreforts permettent de s’opposer à ces forces : les ouvertures sont donc peu nombreuses et petites car il ne faut introduire aucune fragilité, hauteur et largeur sont donc relativement limitées.
Le style roman, lourd, assez sombre, incitait à la méditation, à l’introspection, à la prière, il est parfaitement adapté à l’environnement monacal

Voute romane
B) Le Gothique
L’architecture gothique apporte l’arc brisé (pointu au sommet et non rond); reposant sur des groupes de piliers (4, 6 …), ces arcs se raccordent au sommet sur une pierre dite clef de voûte. Ce module de base se répète ensuite tout au long de la nef ; le gothique crée également l’arc-boutant, qui prend appui lui-même sur un fort pilier, dit de culée, lequel est surmonté d’une flèche ou tourelle (pinacle) afin de l’alourdir (et non pour l’esthétique, bien qu’ils soient tout de même travaillés).
C’est une architecture très complexe dans le raccordement des formes, très audacieuse, inventive et contemporaine, comparable à nos constructions modernes si l’acier et le béton avaient été connus. Car une cathédrale gothique est un squelette formé d’une multitude de piliers supportant de très nombreux arcs de pierre (croisées d’ogives), le tout étant renforcé par des jambages extérieurs (arcs-boutants) qui contrebuteront la poussée s’exerçant vers l’extérieur, cette poussée provenant des arcs de pierres du sommet entre lesquels seront posées les pierres de la voûte. Il faut y ajouter tout un ferraillage d’agrafes et tenons entre les arcs (notamment pour les rosaces), et des lourdes ceintures en fer de Tolède qui relient les piliers entre eux (Reims, Amiens et toutes les grandes); du plomb coulé assure la cohésion du fer avec la pierre. Le reste ne serait que remplissage si les murs n’avaient pas également un rôle de blocage de l’ensemble, sans omettre les ailes du transept (en forme en croix), ni la façade, qui apportaient également de la rigidité.
Les arcs brisés de l’architecture gothique permettent l’allégement du poids des pierres de la voûte, l’accroissement de la largeur et la hauteur, le tout autorisant la découpe de grandes ouvertures dans des murs amincis.
Croisées d'ogives

Mais les efforts demeurent les mêmes que pour les voûtes romanes et piliers et murs sont poussés vers l’extérieur pour les mêmes raisons.
Au début, avant l’invention de l’arc-boutant extérieur, on construisait de lourdes galeries à l’intérieur qui "retenaient" en quelque sorte les piliers et les murs. Des contreforts extérieurs complètent l’action de ce dispositif. ( dessin du dessus 1ère période).
Avec l’invention de l’arc-boutant extérieur, on supprime les galeries

Arc boutant cathédrale d'Amiens
Malgré l’allègement des murs et de la voûte du plafond *2, l’effort exercé par la voûte est telle que les piliers et les murs s’écartent sensiblement de la verticale (vers l’extérieur), faisant une sorte de petit gonflement visible vers le haut si l’on peut trouver un repère vertical à proximité, comme les tuyaux d’orgues par exemple, ou le fil d’un lustre. Heureusement, l’ossature d’un tel édifice possède une étonnante élasticité (relative bien sûr, de quelques centimètres).
Le style gothique lui, incite à se tourner vers le Ciel et sa Lumière, il transporte véritablement les foules. Les Templiers l’ont offert à l’Occident, mais ne suivirent pas ce chemin destiné à la masse et les églises de l’Ordre étaient dépouillées de tout ce qui n’incitait pas au recueillement…

*1 : Les compagnons bâtisseurs du Temple de Salomon étaient composés d’une mosaïque d’hommes d’Asie Mineure, dont des Juifs, des Phéniciens, des Hittites et des Egéens, l’histoire nous rappelle aussi que des colonies (dont ces bâtisseurs…) migrèrent vers l’actuelle Provence et s’y installèrent, de même que Jacques le Mineur (que les compagnons vénèrent sous le nom de Maître Jacques) !
*2 : C’est évidemment tout relatif car il s’agit tout de même de grandes quantités de pierres qui pèsent encore très lourd; il est dit que la seule pierre de clef de voûte peur peser de 400 à 600 kilos !
30 août 2007
Les templiers et le nombre d'Or
Les Templiers et le nombre d’Or

L'homme de vitruve - Leonard de vinci
Le lecteur sera peut-être surpris d’apprendre que les constructeurs de cathédrales du Moyen-âge, n’ont pas utilisé notre système métrique classique pour élaborer leurs œuvres, et pour cause…
Celui-ci, n’est né officiellement qu’en 1795 !
On sait, grâce à divers auteurs anciens, tels que Héron, que dès l’antiquité les premières mesures ont été prises des dimensions du corps humain, ce que confirment d’ailleurs les noms de : pas, coudée, pied, palme, pouce, doigt, encore employés de nos jours.
Au Moyen-âge, donc, les bâtisseurs utilisaient une pige constituées de cinq tiges articulées, correspondant chacune à une unité de mesure de l’époque : la paume, la palme, l’empan, le pied et la coudée.

A Chartres*1 cependant, comme à Reims et dans la plupart des autres cathédrales, ils utilisèrent un autre système… basé sur le nombre d’Or… !
I : Qu’est-ce que le nombre d’Or ?
Les Romains, les Grecs, les Juifs et les Egyptiens étaient tous d’accord : 1,618 était le nombre d’Or.
Le nombre de l’harmonie universelle, le nombre de la création, le nombre de Dieu le Créateur. Chez les Grecs, avec le développement de la géométrie, la secte secrète des pythagoriciens en avait fait un symbole d’harmonie universelle, de vie, d’amour et de beauté.
Au Moyen-âge, les savants, les pères de l’église, les bâtisseurs, les maîtres d’ouvrages ou maîtres d’oeuvre, se réclamant de la doctrine platonicienne des corps cosmiques, (les cinq polyèdres réguliers), ont fait du nombre d’or, "la divine proportion", un modèle de perfection esthétique et philosophique.
Le nombre d'Or est appelé Phi
On le désigne par la lettre grecque (phi) en hommage au sculpteur grec Phidias (né vers 490 et mort vers 430 avant J.C) qui l’utilisa entre autre pour le Parthénon à Athènes.
II : Le nombre d’Or et son histoire
- Il y a 10 000 ans : Première manifestation humaine de la connaissance du nombre d’Or dans le Temple d’Andros (découvert sous la mer des Bahamas).
- 2800 av JC : La Pyramide de Kheops*2 a des dimensions qui mettent en évidence l’importance que son architecte attachait au nombre d’Or. D’après Hérodote, des prêtres égyptiens disaient que les dimensions de la Grande Pyramide avaient été choisies telles que : "Le carré construit sur la hauteur verticale égalait exactement la surface de chacune des faces triangulaires"

- Au Ve siècle avant J-C. (447-432 av J-C) : Le sculpteur grec Phidias utilise le nombre d’Or pour décorer le Parthénon à Athènes, en particulier pour sculpter la statue d’Athéna Parthénos. Il utilise également la racine carrée de 5 comme rapport.
Parthénon et nombre d'Or
- Au IIIe siècle avant J-C. : Euclide évoque le partage d’un segment en "extrême et moyenne raison" dans le livre VI des Eléments et traite pour la première fois les propriétés géométriques du nombre φ.
- « Une droite est dite coupée en extrême et moyenne raison quand, comme elle est toute entière relativement au plus grand segment, ainsi est le plus grand relativement au plus petit ». (Euclide, Eléments, livre VI, 3ème définition).*3

Euclide
- 1175 : Fibonacci né à Pise, de son vrai nom Léonardo Pisano. (Fibonacci est un surnom qui vient de filius Bonacci qui veut dire fils de Bonacci).
Il était l’un des plus grands mathématiciens du Moyen-âge.

Fibonacci
C’est lui qui a introduit la numération décimale et l’écriture arabe des chiffres en Occident, en ramenant d’Algérie (où travaillait son père) dans son livre Liber abaci (1202), les connaissances acquises sur les méthodes algébriques et les problèmes. Dans cet ouvrage, il émet l'idée que l’arithmétique et la géométrie sont liés, mais aussi il met l’accent sur les neufs symboles indous de la numération !... ainsi que le signe zéro.
Rappelons que dans la célèbre suite de Fibonacci, chaque nombre est obtenu en ajoutant les deux nombres qui le précèdent :
0 1 1 2 3 5 8 13 21 34 55 89 144 233 ...
Fibonacci fut sans doute le mathématicien le plus habile de toute l’époque médiévale chrétienne.
- 1498 : Fra Luca Pacioli, un moine professeur de mathématiques, écrit "La divine proportion" illustrée par Leonard de Vinci...
Leonard de Vinci

- Au XIXème siècle : Adolf Zeising (1810-1876), docteur en philosophie et professeur à Leipzig puis Munich, parle de "Section d’Or" (der goldene Schnitt) et s’y intéresse non plus à propos de géométrie mais en ce qui concerne l’esthétique et l’architecture. Il cherche ce rapport, et le trouve dans beaucoup de monuments classiques.
C’est lui qui introduit le côté mythique et mystique du nombre d’Or.
- Au début du XXème siècle : Matila Ghyka, diplomate roumain, s’appuie sur les travaux du philosophe allemand Zeising et du physicien allemand Gustav Théodore Fechner, ses ouvrages : L’esthétique des proportions dans la nature et dans les arts (1927) et Le Nombre d’Or, Rites et rythmes pythagoriciens dans le développement de la civilisation occidentale (1931) insistent sur la prééminence du nombre d’Or et établissent définitivement le mythe .
- Au cours du XXème siècle : des peintres tels Dali et Picasso, ainsi que des architectes comme Le Corbusier, eurent recours au nombre d’Or.

La Cène par Dali
III : Pourquoi utiliser le nombre d’Or ?
Phi apparaît dans toute la vie et l’univers !
Il est une constante universelle de conception, la signature de Dieu.
Il est le nombre utilisé partout dans l’ordre caché de la Création et qu’il fallait donc employer dans les édifices dédiés au Créateur afin de s’en rapprocher. Empreint de mystère, objet d’un culte tantôt religieux, tantôt magique, le nombre d’Or va influencer la vision occidentale de l’harmonie.
Cette même proportion est utilisée pour réaliser l’équilibre, l’harmonie et la beauté dans les créations d’art, d’architecture, de couleurs, de conception, de composition, d’espace et même de musique.
Nous venons de voir que La suite de Fibonacci consiste à additionner les deux termes précédents (0, 1, 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55 ...) et le rapport entre chaque terme (2/1, 3/2, 5/3 ...) correspond au nombre d'or : 1,618 !
Or la proportion 2/1 est celle de la pyramide de Kheops, des Temples Egyptiens et Grecs mais aussi celle du Temple de Salomon… !
Le nombre d’Or véritable petit nirvana arithmétique, a été depuis des temps immémoriaux, une voie privilégiée de communication avec l’au-delà...
IV : Définition et valeur du Nombre d'Or
Le nombre d'or est la solution positive de l'équation :
C’est-à-dire le nombre 
soit pour les cent premières décimales : 1,618 033 988 749 894 848 204 586 834 365 638 117 720 309 179 805 762 862 135 448 622 705 260 462 189 024 497 072 072 041
V : le nombre d’Or et la géométrie de la vie…
Phi apparaît entre autre dans :
Les proportions du corps humain
Les proportions de beaucoup d'animaux
La structure de l’ADN
Le système solaire
La Nature en général...
quelques exemples:


Le nautile et son développement combinent la suite de Fibonacci et le nombre d'Or...


Le tournesol et sa double spirale inversé, là aussi Fibonacci et le nombre d'Or !
VI : Conclusion
Les Templiers étaient certes des moines soldats, mais c’étaient aussi, et avant toute chose pour certains d'entres eux des Initiés.
Je ne saurais prétendre que tous eurent accès aux arcanes cachés de la Tradition Primordiale, appelée aussi Sagesse Immémoriale, (la Connaissance Occulte), car ce serait ignorer les lois qui régissent l’initiation humaine et solaire.
Mais on ne peut nier indéfiniment qu’ils réalisèrent la synthèse des hermétismes orientaux et occidentaux, et qu’ils en furent les valeureux et dignes dépositaires…

Un Abraxas
* 1 Je reviendrai sur les liens unissant la Cathédrale de Chartre et la pyramide de Kheops …
* 2 La COUDEE ROYALE EGYPTIENNE dénommée mesure de l'Initié… est estimée au 19ème siècle à 52,36 cm.
Cette suite est aussi géométrique puisque le rapport entre deux mesures consécutives est le nombre d’Or. Nous le visualisons très bien sur la suite des pentagones du schéma ci-dessous.

* 3 Le partage en "extrême et moyenne raison" d’un segment :
Un segment est partagé suivant la section d’Or ou la proportion divine si les rapport x / y et y / (x - y) sont égaux, ce qui signifie que le petit et le moyen segment sont dans le même rapport que le moyen et le grand segment.

De l’équation :
, on obtient l'équation
dont le résultat est :
= ![]()
11 septembre 2007
Le Temple de Salomon
Le Temple de Salomon

Le Temple de Salomon
Ainsi que je l’écrivais dans l’article sur Bernard de Clairvaux : L’appellation, « Les Pauvres Chevaliers du Christ ET du Temple de Salomon » est d’une rare précision et ses termes furent donc choisis avec un soin méticuleux…
Car Salomon est pour les trois religions monothéistes un grand et illustre personnage, roi - prophète et mage, alliant ainsi le temporel au spirituel.

le Roi Salomon
Salomon (Shlomo) est le deuxième fils que le roi David eut de sa femme, Bethsabée.
Ce prénom vient de l’hébreu «Shalom» et signifie «Paix», ou plutôt "complétude", état qui n’est atteint que dans la paix.
Son règne marque une période de paix, de prospérité et d’abondance.
C’est dans sa quatrième année de règne que Salomon se mit à bâtir le temple, qui fut achevé en sept ans et demi. Le roi bâtisseur fait ériger dans sa capitale des édifices colossaux (le Temple, le palais royal et les fortifications de Jérusalem).

Pourquoi les autres Ordres - antérieurs ou postérieurs – se sont-ils appelés : Ordre de Saint - Jean de Jérusalem, Ordre du Saint - Sépulcre, Ordre de Saint - Lazare, Ordre de Sainte - Marie des Teutons…et pourquoi seul celui des Templiers s’est-il appelé : « ET du Temple de Salomon » ?
Simplement parce qu’ils y furent logés nous disent les historiens… !
Et bien non ! Ils ont vraisemblablement choisis délibérément de s’appeler ainsi, et cela ne relève en rien du hasard…
Rappel :
Il n’existe aucune preuve archéologique connue de l’existence du Temple de Salomon. Selon la Bible, il fut construit à Jérusalem il y a environ trois mille ans. Malgré tout, il représente un symbole majeur pour l’humanité, dans la mesure où il fut le premier temple de pierre construit en l’honneur de Yahvé, le dieu des tempêtes qui devint plus tard le seul et unique Dieu (avec un D majuscule) pour des millions de gens dans le monde entier.
La structure du Temple de Salomon et les matériaux précieux utilisés sont décrits notamment dans le premier Livre des Rois (6,1-22). Le prototype de ce Temple est le dispositif portatif protégeant l’Arche d’Alliance tel que décrit dans le Pentateuque.
Historique :
- Le Premier Temple ou Temple de Salomon aurait été construit, d’après la Bible, par le roi Salomon. Il a été entièrement détruit par Nabuchodonosor II en -607.
Le Temple de Salomon abritait dans son Saint
des Saints, l’Arche d’Alliance (*1) et était couvert d’or en provenance d’Ophir.

Temple de Salomon
- Le Second Temple fut construit sur les ruines du temple de Salomon au retour de la captivité des Juifs à Babylone, vers -536. Il fut terminé le 12 mars -515.
Le Temple d’Hérode fut une extension massive du second Temple, y compris une rénovation du Mont du Temple.

Le Temple d'Hérode
Elle fut initiée par Hérode Ier le Grand vers -19. Ce Temple fut détruit par Titus en 70, il n’en reste aujourd'hui comme vestige que le Mur Occidental dit Mur des lamentations.
Toutefois, ce terme de Mur des lamentations est impropre. Il a été imposé au fil du temps par des milieux antisémites qui voulaient dépeindre les Juifs comme étant pleurnicheurs. Le terme « Mur occidental » est le terme idoine, d’une part car c’est la traduction exacte de l’hébreu Kotel hamaaravi, d’autre part ce mur est effectivement le mur ouest du Temple détruit en 70 de notre ère.
Conclusion :
Contrairement à ce que prétendent beaucoup de gens préférant les raccourcis commodes et prenant toute liberté avec l’Histoire pour n’écrire que l’histoire…, le Roi de Jérusalem résidait non pas dans le Temple de Salomon mais dans ce qu’il restait des ruines du temple d’Hérode !
Quand Hugues de Payns et les huit Chevaliers qui l’accompagnaient se rendirent devant Baudoin II pour créer l’Ordre non encore officiel des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (il ne le deviendra qu’après l’obtention de sa règle lors du concile de Troyes) c’est dans la partie orientale de son palais qui jouxtait l’ancienne mosquée Al-aqsa que Baudoin les hébergea. Sur le site de l’ancien Temple d’Hérode donc, lui-même bâtit sur les ruines du Temple de Salomon.
Si donc ces 9 Chevaliers devinrent par la suite les premiers Templiers, ce ne fut pas parce qu’ils furent logés dans les écuries du Temple de Salomon, comme on le lit un peu partout mais bel et bien car il s’agissait du nom qu’ils avaient choisis eux-mêmes pour fonder leur Ordre !
Question :
Pourquoi avoir choisi ce nom ?
Réponse :
Car c’était le but même de leur première mission !
Si leur but premier avait été de défendre les pèlerins, ils ne seraient pas restés 9, durant 9 ans, sans recruter d’autres Chevaliers !
D'autre part, la règle, donnée lors du Concile de Troyes et qui officialise l’existence de l’Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon, régit tout, parle de tout, sauf… de la défense des pèlerins !
Quel était donc la mission première d’Hugues de Payns ?
C’est ce que nous verrons dans le prochain article…

(*1) La description de l’Arche se trouve dans la bible : le récit de l’Exode, au chapitre 25, des versets 10 à 21.

L'Arche d'Alliance
L’Arche d’Alliance "Aron" en hébreu, également appelée l’Arche de YHWH ou encore l’Arche du témoignage, était un coffre oblong, de bois recouvert d’or. Le mot ARON (Arche), provient de la racine "AR" signifiant Lumière et du suffixe "ON" signifiant la force; Soit ARON "La Force Lumière", ou "La Lumière qui est Force" ! D’où son caractère sacré, car elle représentait la présence Divine. L’Arche, était le plus ancien et le plus sacré des symboles religieux des Israélites. Le propitiatoire surmonté de deux Kérubim, qui en formait le couvercle, était considéré comme le trône, la résidence terrestre de Jéhovah (Exode 25:22). Lorsque le tabernacle fut terminé, l’arche fut mise dans le Saint des Saints, le lieu le plus saint de l’édifice (1 Rois 8:1–8).

Selon les écrits bibliques, l’Arche d’Alliance, également connue sous le nom d’Arche perdue, aurait contenu les tables de la Loi (Dix Commandements) données à Moïse sur le mont Sinaï.

Moïse et les Tables de la Loi
23 septembre 2007
La mission première (et secrète) ...
La mission première (et secrète) des Templiers

Pourquoi parler d’une mission première ?
Il semble assez évident que Bernard de Clairvaux n’a pas envoyé Hugues de Payns, ni même son propre oncle André de Montbard exclusivement pour garder des routes au péril de leurs vies, fut-ce en Terre Sainte !
Si cela était :
Pourquoi fonder un Ordre au lieu d’aider simplement les Hospitaliers de Saint Jean ?
Pourquoi ne pas l’avoir simplement appelé Ordre des Pauvres Chevaliers du Christ ?
Pourquoi avoir rajouté sciemment Et du Temple de Salomon ?
Pourquoi rester alors seulement à neuf Chevaliers au lieu de recruter ?
Pourquoi cette mission de protection des routes et des pèlerins ne figure t-elle pas dans la Règle du Temple ?
Pourquoi sont ils totalement absents des chroniques (pourtant précises) de l’époque durant 9 ans ?
Pourquoi enfin, Hugues de Champagne, un des hommes les plus puissants de France, plus riche que le Roi lui-même, va-t-il tout abandonner, fortune, titre, femme, enfants pour rejoindre les neufs Chevaliers et se mettre au service de son propre vassal Hugues de Payns !...? Juste pour protéger des pèlerins ?...
Cette mission, certes ils vont l’accomplir, mais plus tard…bien plus tard.
Ils ont en effet autre chose à faire…
Et pourtant, en 1119 donc, Baudoin doit défendre Antioche contre El Ghazi, juste après avoir vaincu à Tibériade, puis il doit se prémunir contre une grande armée turque qui menace Apamée, doit encore faire campagne en 1120 contre ce même El Ghazi, campagne encore contre la Syrie du nord etc, etc… et cela en l’absence des Templiers, qui ne participent à aucun combat, restent seuls et ne recrutent personne.
Il est évident qu’ils ne sont pas là pour en découdre…

Une seule clé à ce mystère : ils ont une mission à remplir et rien, ni personne, ne les en détournera, ni ne les empêchera de l’accomplir !
Rappel :
C’est le roi de Jérusalem Baudoin II qui logea tout d’abord dans une aile de son palais, les premiers templiers dont Hugues de Payns. Le maître de l’Ordre obtint par la suite du roi que leur soit prêté tout le palais situé sur les ruines du Temple d’Hérode construit lui-même sur les fondations du Temple de Salomon….
Il accepta donc de transférer sa résidence dans la Tour de David, plus aisée à défendre, et laissa aux Templiers son ancien palais qui devint la maison cheftaine de l’Ordre. Les Templiers qui n’étaient que neuf commencèrent par l’agrandir !!!
Puis le transformèrent et se firent construire une chapelle. Une description extraite du carnet de pèlerinage de Jean de Wirtburg ou Würtzburg en 1170, précise avec emphase et admiration :
« Entre les murs de Jérusalem et la porte Dorée, se trouve le Temple. Il y a là un espace plus grand qu’un trait de flèche en longueur, et large d’un jet de pierre, et là on arrive au Temple. Ce terrain est pavé, à gauche, en hissant de ce portail, se trouve le Temple de Salomon où demeurent les Templiers. Il y a là une écurie souterraine, si grande qu’elle pouvait « loger plus de deux mille chevaux ou mille cinq cent chameaux et beaucoup de bâtiments larges et amples ainsi qu’une nouvelle et magnifique église aux toits pentus, dédiée à la Vierge et appelée Sainte Marie Lateran, c’est-à-dire des Latins, des Francs, pour la distinguer de deux autres églises de Jérusalem dédiées à Marie. »
La mission :
Les 9 Templiers sont venus pour trouver, garder et emporter quelque chose de particulièrement important qui va monopoliser leurs efforts durant 9 longues années et bouleverser, pour ne pas dire révolutionner, l’Occident et les futurs rapports Orient Occident.
Ils sont venus chercher l’Arche d’Alliance et certaines reliques et manuscrits qui contiennent l’essence des traditions secrètes du judaïsme et de l’Egypte ancienne, certaines remontant probablement à Moïse !
Salomon, réputé pour sa légendaire sagesse n’a certainement pas déposé la véritable Arche dans le Saint des Saints de son Temple, avec tous les risques que cela comportait.
En sage qu’il était, il a du placer une copie et cacher l’original à l’abri de toute intrusion ennemie ou profane.
Les preuves :
A) Les textes
1-) La Règle
Il est dommage que l’on n’ait jamais prêté suffisamment d’attention aux préliminaires de la Règle remise lors du Concile de Troyes, car ils dévoilent explicitement qu’une première mission a bien été remplie :
« Bien a œuvré Damedieu avec nous et notre sauveur Jésus-Christ, lequel a mandé ses amis de la Sainte cité de Jérusalem en la marche de France et de Bourgogne, lesquels pour notre salut et l’accroissement de la vraie Foi ne cesse d’offrir leurs âmes à Dieu, plaisant sacrifice… »

Bien a œuvré : L’œuvre est donc accomplie
Damedieu : Domine Deus, comme dit le texte latin ou bien Notre Dame ? Les Cisterciens, comme les Templiers ont une dévotion toute particulière pour la Vierge, et la Notre Dame qui nourrissait de son lait Bernard de Clairvaux est bien autre chose que la Vierge Marie…
Avec nous : C’est se reconnaître lui et son Ordre comme les promoteurs de cette mission
Lequel a mandé : Les Chevaliers ont donc été rappelés en France ! Pourquoi si ce n’est que la mission été remplie ?
En la marche de France et de Bourgogne : c’est-à-dire en Champagne ! (Qui échappe aux juridictions royales et ducales)
2-) La Tradition rabbinique
Le Rabbi Mannaseh ben Israël (1604-1657) explique que Salomon aurait construit une cache sous le Temple lui-même, afin d’y cacher l’arche en cas de danger !
3-) Le Testament maçonnique qui nous dit (7-4)
Le Roi Salomon construisit une crypte secrète, à laquelle on parvenait après en avoir traversé huit autres, toutes souterraines, et desquelles partait un long passage étroit qui rejoignait le palais. La neuvième arche ou crypte se trouvait directement sous le Sanctum Sanctorum (Saint des Saints) du Temple. Dans ce séjour, le Roi Salomon se réunissait en privé avec le Roi Hiram et Hiram Abif.
C’est dans la neuvième arche que furent déposés les récipients et trésors sacrés.
B-) L’archéologie
Tout d’abord :
Le chercheur G Hancock : pour lui, le site du Temple était le centre de l’intérêt des Templiers et il existe des preuves de leurs fouilles majeures, il cite l’extrait du rapport officiel d’un archéologue israélien qui établit que les neufs Chevaliers fouillaient les ruines du Temple en quête de quelque chose :
- Le tunnel découvert conduit vers l’intérieur sur une distance d’environ 30 mètres depuis le mur sud avant d’être bloqué par des débris de pierre. Nous savions qu’il continuait au-delà, mais nous nous imposons une règle inflexible de ne pas fouiller dans les limites du mont du Temple qui est actuellement sous juridiction islamique sans avoir d’abord obtenu la permission auprès des autorités musulmanes compétentes.
Dans ce cas précis, ils nous permirent seulement de mesurer et de photographier la section visible du tunnel et de ne pas entreprendre de fouilles de quelque ordre que ce soit.
Ensuite :
Le Lieutenant Charles Wilson de la Royal engineers : ce dernier dirigea une expédition archéologique à Jérusalem au tournant du siècle. En fouillant profondément sous le Temple, il exhuma de nombreux objets forts anciens, qui furent positivement identifiés comme Templiers…

Conclusion :
Durant neuf ans, les neufs Chevaliers ont bien réalisé des fouilles… puis certains revinrent en France…
Ont-ils trouvé quelque chose ? L’ont il ramené ?
Difficile d’être affirmatif… la mission était secrète et sa réussite ou son échec le furent tout autant…
Néanmoins ce retour en France et le Concile de Troyes sont forts troublants :
Il n’existe en effet aucun autre exemple d’un Concile sollicité pour la création d’un Ordre, jamais …
C’est d’ailleurs bien plus que la création d’un Ordre, c’est engager l’église toute entière, c’est, parmi les Ordres monacaux, donner à celui-là précisément une assise universelle !
Comment expliquer alors la montée foudroyante, et la puissance extraordinaire de l’Ordre du Temple, si les Chevaliers étaient rentrés bredouilles de leur mission ?


